Frise chronologique
XIIe siècle
Construction romane initiale
Construction romane initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef unique, chevet plat, portail sculpté.
XVe-XVIe siècle
Rénovations gothiques et fortification
Rénovations gothiques et fortification
XVe-XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout bas-côté, voûtes, échauguette, clocher-mur.
1700s
Modifications au XVIIIe siècle
Modifications au XVIIIe siècle
1700s (≈ 1700)
Porche, sacristie, porte latérale, clocher à arcades.
1793
Destruction du tympan et chapiteaux
Destruction du tympan et chapiteaux
1793 (≈ 1793)
Martelage révolutionnaire des éléments figurés.
24 décembre 1925
Classement monument historique
Classement monument historique
24 décembre 1925 (≈ 1925)
Inscription totale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 24 décembre 1925
Personnages clés
| Christian Bougoux - Historien de l'art |
A étudié l'iconographie romane de l'église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Lugasson, située dans le département de la Gironde, trouve ses origines au XIIe siècle avec une construction romane initiale. Elle se composait alors d’une nef unique rectangulaire, non voûtée, terminée par un chevet plat orné de baies en plein cintre. Le portail, richement décoré de motifs géométriques (bâtons brisés, dents de loup, etc.), retombait sur des colonnettes et un piédroit. Le tympan, autrefois figuré, fut détruit en 1793, tout comme les chapiteaux historiés, martelés à la même époque. Les vestiges de sculptures sur l’ébrasement nord laissent planer un doute sur leur interprétation : purification de Marie ou Adoration des rois Mages.
À la fin du Moyen Âge, entre le XVe et le XVIe siècle, l’église fut remaniée dans un style gothique tardif. Un clocher-mur à deux baies campanaires et un pignon triangulaire furent ajoutés, accompagnés d’un contrefort et d’une tourelle d’escalier intérieure. Un bas-côté nord, doté de baies géminées, fut construit, et la nef ainsi que le bas-côté furent voûtés. Les clefs de voûte, ornées de motifs religieux (saint Laurent, sainte Barbe) ou célestes (soleil, étoiles), reflètent cette période. L’édifice fut également fortifié, comme en témoigne une échauguette à l’angle sud-ouest, révélant un contexte historique marqué par des tensions.
Au XVIIIe siècle, des modifications mineures furent apportées, comme l’ajout d’un porche devant le portail, d’une sacristie, et d’une porte latérale sud. Le clocher à arcades date également de cette époque. L’église, classée monument historique en 1925, conserve des éléments remarquables tels qu’un cadran canonial sur la façade sud et des traces de son passé défensif. Son architecture mêle ainsi héritage roman, transformations gothiques et adaptations ultérieures, illustrant l’évolution des besoins liturgiques et sécuritaires de la communauté locale.
Les sources historiques, notamment les travaux de Christian Bougoux, soulignent l’importance iconographique de l’édifice dans l’Entre-deux-Mers. L’association locale A.S.P.E.C.T. contribue aujourd’hui à sa préservation, mettant en valeur un patrimoine à la fois religieux, artistique et défensif, témoin des bouleversements politiques et culturels de la Gironde à travers les siècles.