Origine et histoire de l'Église Saint-Martin de Monbadon
L’église Saint-Martin de Monbadon, située à Puisseguin en Gironde, est un édifice d’origine romane dont les parties les plus anciennes datent des XIIe et XIIIe siècles. Son plan simple comprend une nef unique voûtée en berceau, divisée en deux travées, suivie d’un chevet en hémicycle voûté en cul-de-four. Le clocher, de plan rectangulaire, s’élève à la jonction de la nef et de l’abside. Deux arcs doubleaux massifs soutiennent cette structure. À l’origine, l’église était entourée de deux sites nobles : le château de Monbadon à l’est et la maison de Jouanin au sud-ouest, sur l’axe routier entre Lussac et Saint-Cibard.
Au XVIIIe siècle, d’importants remaniements transforment l’édifice : le chevet est reconstruit en 1761 avec deux grandes baies en plein cintre, ornées d’un entablement et de pilastres ioniques en faux marbre autour de l’autel. La sacristie, accolée au sud du chevet, date de cette même campagne. Au XIXe siècle, la nef est voûtée en berceau (1855), et la façade est crépie en 1896 pour accueillir la visite de l’archevêque. À cette occasion, l’atelier du peintre Terral réalise cinq toiles marouflées pour le chevet, illustrant des scènes religieuses dont saint Martin partageant sa cape avec un pauvre.
L’église abrite deux cadrans solaires distincts : un cadran canonial ancien gravé dans la pierre, et un cadran de 1630 encastré dans un contrefort. Classée Monument Historique en 1925, elle témoigne de l’évolution architecturale et artistique de la région, mêlant héritage roman, embellissements classiques et décors du XIXe siècle. Son nom Sanctus Martinus de Boenx, attesté en 1398, rappelle l’influence de la famille seigneuriale de Monbadon.
Les chapiteaux de la nef, partiellement remplacés, et les voûtes refaites au XIXe siècle soulignent les adaptations successives de l’édifice. La décoration intérieure, avec ses pilastres ioniques et ses peintures narratives, reflète à la fois la dévotion locale à saint Martin et les goûts artistiques des époques baroques et néoclassiques. L’absence de transept et la simplicité du plan contrastent avec la richesse des éléments décoratifs ajoutés au fil des siècles.
Extérieurement, l’église s’inscrit dans un paysage de vallons, entre vignobles et vestiges des anciennes seigneuries. Son portail et son abside, reconstruits au XVIIIe siècle, rompent avec le style roman initial, tandis que les cadrans solaires rappellent son ancrage dans la vie quotidienne et agricole des siècles passés. Aujourd’hui propriété communale, elle reste un témoin majeur du patrimoine religieux et architectural de la Gironde.