Origine et histoire de l'Église Saint-Martin
L'église Saint-Martin de Montjavoult, érigée au sommet d'une butte culminant à 207 m, domine le paysage et constitue un des principaux monuments de l'ancien canton de Chaumont-en-Vexin. Classée monument historique par arrêté du 22 octobre 1913, elle présente un ensemble construit principalement entre la fin du XVe siècle et le premier quart du XVIe siècle dans un gothique flamboyant tardif teinté d'éléments de la Renaissance. Le porche et grand portail Renaissance, attribués vers 1565 à Jean Grappin de Gisors, forment l'élément le plus remarquable de l'édifice ; le clocher voûté de la même époque, implanté à l'ouest, lui répond par des proportions proches de celles d'une grande église de ville. Les campagnes de construction ont en partie repris des structures plus anciennes : restent notamment la base d'un clocher central du XIIe siècle et, au nord, un bas-côté de la nef subsistant d'une basilique romane du XIe siècle, voûté en berceau et renforcé par quatre arcs-doubleaux anciennement déformés. L'élévation sud, ornée d'une balustrade ajoutée pour harmoniser l'ensemble, est visible de loin, tandis que l'édifice reste libre de constructions mitoyennes et accessible en contour. À l'intérieur, la nef à trois travées et son collatéral sud, plus large et voûté à la même hauteur que le vaisseau central, forment un vaste volume élancé inattendu pour un village aujourd'hui modeste ; ce dispositif, fréquent dans le Vexin, confère à Montjavoult une singularité, d'autant que le clocher se trouve en avant du collatéral sud. Le chœur de deux travées et ses collatéraux, homogènes et atteignant la même hauteur que la nef, adoptent les mêmes profils d'ogives et des clés de voûte sculptées variées, tandis que la croisée du transept révèle la base exhaussée d'un ancien clocher roman. On observe, dans la nef, le chœur et les croisillons, des types de piliers et des façons de faire retomber les voûtes qui suggèrent un lien stylistique avec l'église de Parnes. Le bas-côté nord conserve de grandes arcades en plein cintre à arêtes vives qui, malgré des réfections probables, témoignent d'une origine romane; les quatre arcs-doubleaux qui renforcent sa voûte paraissent particulièrement anciens. Le portail Renaissance, profond et richement sculpté, s'organise autour de deux portes rectangulaires séparées par un trumeau et un dais, d'un plafond à caissons orné et d'un décor de niches, pilastres et médaillons dont plusieurs têtes ont été martelées à la Révolution. Le clocher, composé de trois niveaux séparés par des entablements et coiffé aujourd'hui d'une calotte sphérique, présente une architecture sobre et des niveaux de beffroi ajourés de baies géminées ; une tourelle d'escalier octogonale se greffe au sud-est. À l'extérieur, le chevet plat, les collatéraux et les croisillons conservent des contreforts et des larmiers marquant les campagnes flamboyantes, et seuls quelques décors sculptés subsistent, notamment des chimères sur l'acrotère du pignon. Le mobilier est notable : parmi les éléments protégés figurent notamment des fonts baptismaux en pierre du début du XVe siècle, des statues anciennes dont une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle, des groupes sculptés, des peintures et des boiseries du XVIIIe siècle, ainsi que des retables et un ensemble d'antependiums. Inscrits ou classés au titre des objets, ces éléments témoignent de l'intérêt du lieu et de son bon état de conservation. L'église dépend aujourd'hui de la paroisse Saint-François-d'Assise du Vexin, siège à Chaumont-en-Vexin, qui a suspendu les messes dominicales en 2018 ; elle accueille cependant un chapelet le samedi et des célébrations particulières.