Frise chronologique
1156
Première mention d'un édifice religieux
Première mention d'un édifice religieux
1156 (≈ 1156)
Sanctuaire médiéval attesté à cet emplacement.
1545
Fortifications par Charles Quint
Fortifications par Charles Quint
1545 (≈ 1545)
Montmédy devient base militaire anti-française.
1598
Construction de la chapelle de Malandry
Construction de la chapelle de Malandry
1598 (≈ 1598)
Sépulture des gouverneurs d’Allamont.
1657
Prise française de Montmédy
Prise française de Montmédy
1657 (≈ 1657)
Vauban renforce les remparts ensuite.
1751
Fermeture de l’ancienne église
Fermeture de l’ancienne église
1751 (≈ 1751)
État de ruine déclaré par l’archevêque.
1753-1756
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
1753-1756 (≈ 1755)
Dirigée par Chambeaux et Lelièvre.
1761
Adjudication de la sacristie
Adjudication de la sacristie
1761 (≈ 1761)
Travaux confiés à un sieur Michel.
1870
Bombardements prussiens
Bombardements prussiens
1870 (≈ 1870)
Toiture et vitraux détruits.
1932
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1932 (≈ 1932)
Protection de l’édifice.
1974
Restauration majeure
Restauration majeure
1974 (≈ 1974)
Ajout d’arcs-boutants cachés.
2013
Restauration de l’orgue
Restauration de l’orgue
2013 (≈ 2013)
Concert inaugural en octobre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Ville-Haute : classement par arrêté du 19 janvier 1932
Personnages clés
| Charles Quint - Empereur du Saint-Empire |
Fortifia Montmédy en 1545. |
| Vauban - Ingénieur militaire |
Améliora les fortifications (XVIIe siècle). |
| Jean III d’Allamont - Gouverneur de Montmédy |
Commanditaire de la chapelle de Malandry (1598). |
| Abbé Nicolas-Joseph Manard - Curé de Saint-Martin |
Proma la construction de la nouvelle église. |
| Jacques François Lelièvre - Entrepreneur des fortifications |
Adjudicataire des travaux (1753). |
| Chambeaux - Architecte |
Conçut les plans de l’église actuelle. |
| Abbé Albert de Meuldre - 49e abbé d’Orval |
Finança partiellement la construction. |
| Jean Rocard - Architecte (XXe siècle) |
Conçut les arcs-boutants cachés (1974). |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Montmédy, située dans la ville haute fortifiée de cette cité lorraine, est un édifice religieux emblématique du XVIIIe siècle. Construite entre 1753 et 1756 à l'emplacement d'une église médiévale du XIIe siècle devenue trop exiguë, elle incarne l'évolution architecturale et urbaine de Montmédy, marquée par son rôle stratégique près de la frontière franco-belge. Ses deux tours carrées, visibles à des kilomètres, s'intègrent dans un paysage urbain façonné par les fortifications de Vauban après la prise française de 1657.
La première église, attestée dès 1156, était un modeste sanctuaire à une seule tour, entouré d’un cimetière. Au XVIe siècle, Charles Quint en fit une base militaire contre la France, avant que Vauban ne renforce ses remparts. L’état délabré de l’édifice au milieu du XVIIIe siècle — toiture pourrie, pavé détérioré — poussa l’archevêque de Trêves à en interdire l’accès en 1751. Grâce à l’intervention financière de l’abbaye d’Orval (34 % des coûts), une nouvelle église fut érigée par l’architecte Chambeaux et l’entrepreneur Jean François Lelièvre, intégrant la chapelle funéraire des gouverneurs d’Allamont (1598).
L’église actuelle, classée Monument Historique en 1932, allie sobriété militaire et ornements Louis XV. Sa façade, rythmée par des pilastres toscans et ioniques, cache une nef à trois vaisseaux couverte de voûtes d’arêtes. Le chœur, éclairé par cinq baies, contraste avec la pénombre de la nef, tandis que les tours à toits impériaux rappellent l’influence espagnole. Endommagée lors des bombardements de 1870 et 1940, elle fut restaurée à plusieurs reprises, notamment en 1974 avec l’ajout d’arcs-boutants cachés pour stabiliser la structure.
La chapelle de Malandry, ancienne sépulture des gouverneurs, et la sacristie (1761) complètent l’ensemble. Les matériaux locaux, comme la pierre de Jaumont, et les décors polychromes jaunes soulignent son ancrage lorrain. Malgré les controverses sur son style — entre église-halle, basilique et influences militaires — elle reste un témoin majeur du patrimoine religieux et défensif du Grand Est.
Les restaurations successives (XXe-XXIe siècles) ont préservé son état primitif, tout en adaptant ses annexes, comme la sacristie dont le toit fut modifié en pavillon. Aujourd’hui, l’orgue restauré en 2013 et les vitraux du XIXe siècle perpétuent sa vocation cultuelle et culturelle, au cœur d’une citadelle classée.