Construction romane XIIe siècle (≈ 1250)
Édification initiale de l'église Saint-Martin.
XVIe siècle
Fortification de l'édifice
Fortification de l'édifice XVIe siècle (≈ 1650)
Travaux de fortification et modifications structurelles.
XVIIe siècle
Ajout des chapelles
Ajout des chapelles XVIIe siècle (≈ 1750)
Agrandissement avec deux chapelles latérales non voûtées.
XVIIIe siècle
Décor peint du chœur
Décor peint du chœur XVIIIe siècle (≈ 1850)
Ajout d'un décor peint dans le chœur.
1926
Première inscription
Première inscription 1926 (≈ 1926)
Inscription de la façade occidentale aux monuments historiques.
16 avril 2002
Inscription complète
Inscription complète 16 avril 2002 (≈ 2002)
Inscription de l'ensemble de l'église aux monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. A 430) : inscription par arrêté du 16 avril 2002
Origine et histoire de l'Église Saint-Martin
L'église Saint-Martin est une église catholique implantée à Mourens, en Gironde. Elle se situe à l'est du bourg, le long de la route départementale D227 menant vers Saint-Martial. D'origine romane (XIIe siècle), l'édifice a été fortifié au XVIe siècle et agrandi au XVIIe siècle par l'adjonction de deux chapelles latérales non voûtées. Le chœur conserve des restes d'un décor peint du XVIIIe siècle. L'ensemble a été inscrit au titre des monuments historiques dans son intégralité par arrêté du 16 avril 2002, après une inscription antérieure en 1926 limitée à la façade occidentale.
La façade occidentale portait un riche programme sculpté composé de quatre chapiteaux et de huit modillons ; ces éléments ont été en grande partie défigurés par des martelages, mais les fragments permettent encore d'identifier plusieurs scènes par comparaison avec d'autres œuvres régionales. Les chapiteaux présentent tous la même structure : une corbeille reposant sur un astragale épais sculpté sur deux faces, et des tailloirs ornés d'entrelacs ou de rinceaux ; ces derniers sont relativement bien conservés. Sur une face moins abîmée se devine un fauve tourné vers la gauche, probablement un lion aux pattes griffues et à la queue relevée, dont la tête a disparu et qui pourrait avoir été représenté bicorporé. Une autre corbeille montre la tentation d'Adam et Ève, identifiable à l'arbre de vie et au serpent enroulé : les corps ont disparu, il subsiste deux pieds nus d'Ève à l'angle médian et, d'Adam, un torse, un bras gauche tendu vers le fruit et deux pieds sur l'astragale. Sur un autre chapiteau, on distingue un personnage en tunique à longue chevelure chevauchant un mammifère, scène que l'on rapproche éventuellement de Samson tuant le lion ; la face opposée est trop abîmée pour être interprétée avec certitude.
Un chapiteau réunit plusieurs figures humaines : un acrobate couché soutient le dos d'un contorsionniste plié en deux, un musicien occupe l'arête centrale, et la face interne conserve la silhouette d'un couple s'étreignant dans une posture stéréotypée associée à l'adultère dans le répertoire aquitain, tandis qu'un gymnaste lance ses jambes en l'air. À l'angle, les restes d'une tête barbue affichent une barbe bifide à tresses spiralées, une bouche entrouverte, des moustaches retroussées et un œil au regard sévère ; cette figure renvoie, selon l'iconographie, au péché de la vanité et à des significations maléfiques liées à la barbe bifide. Le même ensemble de chapiteaux exprime la condamnation des professions jugées maudites — acrobates, musiciens et danseurs — traditionnellement considérées comme complices de l'adultère et de la luxure.
Les huit modillons, de bonne facture mais partiellement détruits, formaient une série d'« obscènes » : on y reconnaît parmi les fragments un exhibitionniste masculin aux organes hypertrophiés, une femme exposant sa vulve, une figure exhibitionniste de type anal avec la tête « invertie » et des monstres démoniaques. Ces éléments complètent le programme iconographique de la façade occidentale malgré les mutilations subies.