Origine et histoire de l'Église Saint-Martin
L’église Saint-Martin de Néry, située dans le département de l’Oise en région Hauts-de-France, est un édifice composite dont les parties les plus anciennes remontent aux années 1140. Son clocher roman tardif, caractérisé par un arc triomphal sculpté de bâtons brisés et une voûte en berceau brisé, est attribué au même atelier que le chœur de l’église Saint-Pierre de Béthisy-Saint-Pierre. Ce clocher, haut de 37 mètres, a été surmonté au XVIe siècle d’une flèche de pierre flanquée de quatre clochetons flamboyants, remplaçant une structure romane antérieure.
Le chœur, construit entre 1260 et le début du XIVe siècle, illustre le style rayonnant tardif avec une abside à cinq pans et des fenêtres à remplage dépourvues de colonnettes à chapiteaux, une innovation apparue après 1260. Les voûtes et vitraux du chœur ont été refaits au XVIe siècle, période durant laquelle la nef primitive, décrite comme sombre et basse, a subi des transformations majeures. La nef actuelle, de style néo-gothique, a été inaugurée en 1901 après la démolition de la nef romane et de ses bas-côtés à la fin du XIXe siècle.
L’église abrite un mobilier remarquable, dont des stalles du XVIe siècle classées monument historique, ornées de miséricordes et d’accotoirs sculptés de motifs gothiques flamboyants et renaissants. Les fragments de vitraux de la Renaissance, datant de la première moitié du XVIe siècle, représentent des Docteurs de l’Église comme saint Jérôme et saint Grégoire le Grand. Ces éléments, ainsi que la cloche en bronze de 1727, témoignent de la richesse artistique et historique du lieu.
Sous l’Ancien Régime, la paroisse de Néry dépendait du diocèse de Senlis, avec le chapitre de la cathédrale comme collateur de la cure. La grosse dîme revenait à l’abbaye de Royallieu. Après la Révolution, la paroisse a été rattachée au diocèse de Beauvais, puis intégrée au regroupement paroissial de la vallée de l’Automne au XXe siècle. Aujourd’hui, l’église, affiliée à la paroisse de Verberie, accueille des messes dominicales anticipées cinq fois par an.
L’architecture extérieure de l’église révèle une nef en moellons irréguliers, contrastant avec le clocher et le chœur en pierre de taille. Le clocher, épaulé de contreforts plats, présente un étage de beffroi orné de baies géminées en arc brisé, cantonnées de colonnettes à chapiteaux sculptés de feuilles d’eau et de têtes monstrueuses. La flèche octogonale, ajourée d’oculi et d’ouvertures rectangulaires, est un exemple remarquable de l’art flamboyant du XVIe siècle.
L’intérieur de l’église combine des éléments romans, comme la base du clocher voûtée en berceau, et des ajouts gothiques, dont les grandes arcades de la nef néo-gothique. Les chapiteaux de l’arc triomphal, ornés de feuilles d’eau et de volutes, ainsi que les culs-de-lampe des voûtes, illustrent la transition entre les styles roman et gothique. Le retable baroque du XVIIe siècle, bien que dépourvu de son tableau d’origine, et les stalles sculptées, soulignent l’évolution artistique de l’édifice à travers les siècles.