Frise chronologique
XIe siècle
Fondation et nef romane
Fondation et nef romane
XIe siècle (≈ 1150)
Construction initiale avec modillons et portail.
1251-1274
Livre Noir de Montebourg
Livre Noir de Montebourg
1251-1274 (≈ 1263)
Partage des dîmes entre abbaye et curé.
1682
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1682 (≈ 1682)
Tour en granite inspirée de Saint-Pierre-Église.
1763
Démolition du chœur roman
Démolition du chœur roman
1763 (≈ 1763)
Agrandissement nef et sacristie ajoutée.
1794
Vente des bancs révolutionnaires
Vente des bancs révolutionnaires
1794 (≈ 1794)
178 livres pour les anciens bancs.
7 mars 1975
Inscription monuments historiques
Inscription monuments historiques
7 mars 1975 (≈ 1975)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 279) : inscription par arrêté du 7 mars 1975
Personnages clés
| Abbé de Montebourg - Bénéficiaire des dîmes |
Perçoit moitié poissons et deux tiers dîmes. |
| Curé anonyme (1686) - Financeur des travaux |
Paie 147 livres pour la couverture. |
| Benjamin Lefeuvre - Curé vers 1880 |
Supervise reconstruction du presbytère. |
| Chevalier de Beaumont - Seigneur de Néville |
Banc réservé no 1 (1772). |
| Pierre de Beaudrap - Écuyer à Herclat |
Banc no 1 côté évangile (1772). |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin-et-Sainte-Trinité de Néville-sur-Mer, située dans le département de la Manche en Normandie, est un édifice catholique dont les origines remontent au XIe siècle. Fondée peu après sa création, son patronage fut cédé par les seigneurs locaux à l'abbaye de Montebourg, comme en témoigne le Livre Noir (1251-1274), qui détaille les revenus partagés entre l'abbé et le curé, incluant dîmes et droits sur les poissons. Ce document révèle une économie locale marquée par l'agriculture (froment) et la pêche, ainsi que l'influence monastique sur la gestion paroissiale.
Au XVIIe siècle, l'église subit d'importantes modifications. En 1681, l'archidiacre note la propreté du chœur mais ordonne le retrait de représentations jugées indécentes. L'année suivante, le clocher roman, ruiné, est remplacé par une tour en granite inspirée de celui de Saint-Pierre-Église, surmontée d'une terrasse à balustres. En 1686, la couverture de l'édifice est refaite, endettant la fabrique de 147 livres, somme avancée par le curé. Ces travaux reflètent les efforts de la communauté pour moderniser l'édifice, malgré des ressources limitées.
Le XVIIIe siècle marque un tournant avec la démolition du chœur roman en 1763, remplacé par un chœur agrandi et une sacristie, tandis que la nef est allongée. Le presbytère est reconstruit vers 1880 sous l'impulsion du curé Benjamin Lefeuvre. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la tour sert de poste de surveillance allemand, illustrant son rôle stratégique. L'église, inscrite aux monuments historiques en 1975, conserve des éléments romans (nef, portail, modillons) et un mobilier riche, dont un ex-voto maritime et des objets liturgiques des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le mobilier historique inclut des bancs du XIXe siècle — remplaçant ceux vendus en 1794 pendant la Révolution —, une chaire à prêcher du XVIIIe, et un haut-relief de la Charité de saint Martin (XVIIe). Le tympan du portail méridional, sculpté en 1928, représente saint Martin, patron de l'église. Ces éléments témoignent de l'évolution des pratiques religieuses et de l'art sacré local, entre héritage médiéval et adaptations modernes.
L'église incarne ainsi près d'un millénaire d'histoire normande, marquée par les liens entre seigneurie, clergé et communauté villageoise. Son architecture hybride (romane, classique et restaurations) et son mobilier reflètent les bouleversements politiques, économiques et culturels de la région, de la féodalité à l'époque contemporaine.