Frise chronologique
vers 1080
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
vers 1080 (≈ 1080)
Par Richard II, archevêque de Bourges.
1093
Inhumation de Richard II
Inhumation de Richard II
1093 (≈ 1093)
Dans le chœur de l'abbatiale.
1130
Achèvement du chevet
Achèvement du chevet
1130 (≈ 1130)
Fin des transepts et chœur.
XVIe siècle
Destructions guerres de Religion
Destructions guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Incendie, nef et façade détruites.
1654
Reconstruction par Fradet
Reconstruction par Fradet
1654 (≈ 1654)
Nouvelle façade, plafond en bois.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église de Plaimpied : classement par liste de 1840 - La porte du XIVe siècle du presbytère : inscription par arrêté du 7 octobre 1931 - Les sols de l'enclos et les éléments bâtis de l'abbaye, non encore protégés au titre des monuments historiques (cad. AW 43 à 47, 50 (lieudit le Bourg), 51 (place Jean-Sautivet), 52 (1, place de l'Église), 151 (lieudit le Bourg), 172, 173 (3, place de l'Église), 174, 175 (1, rue Saint-Martin)) ainsi que la place de l'Église (non cadastrée) : inscription par arrêté du 22 décembre 2011
Personnages clés
| Richard II - Archevêque de Bourges |
Fondateur de l'abbaye, inhumé en 1093. |
| Antoine Fradet - Abbé commendataire (XVIIe) |
Reconstruit l'église après 1654. |
| Maître de Plaimpied - Sculpteur anonyme |
Auteur des chapiteaux historiés. |
| Pierre de Plas - Abbé (XVIe siècle) |
Ajoute arcs-boutants vers 1546. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Plaimpied, située dans le Cher, est une ancienne abbatiale romane fondée vers 1080 par Richard II, archevêque de Bourges. Ce dernier, figure majeure de la réforme grégorienne en Berry, y est inhumé en 1093. L'édifice, construit sur un siècle, combine influences romanes et gothiques, avec une crypte conservant des peintures médiévales rares. L'abbaye, rattachée à l'ordre des chanoines réguliers de saint Augustin, joue un rôle spirituel et social central dans la région, accueillant moines et fidèles.
Les guerres de Religion (XVIe siècle) marquent un tournant tragique : l'incendie de l'abbatiale détruit la façade occidentale, deux travées de la nef, et la voûte. La reconstruction, menée en 1654 par l'abbé commendataire Antoine Fradet, modifie profondément l'édifice, supprimant des éléments romans et ajoutant un plafond en bois. Les restaurations se poursuivent aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec des interventions sur la façade, la croisée du transept, et la sacristie. Malgré ces transformations, l'église conserve des trésors comme ses chapiteaux historiés, attribués au Maître de Plaimpied, et une crypte aux fresques romanes exceptionnelles.
Classée monument historique dès 1840, l'église illustre l'évolution architecturale et religieuse du Berry. Son chevet sculpté, ses modillons ornés, et ses symboles médiévaux (atlantes, sirènes, pélicans) en font un joyau de l'art roman. Les vestiges de l'abbaye — grange aux dîmes, logements abbatiaux — rappellent son passé monastique. Aujourd'hui, le site, ouvert au public, témoigne de neuf siècles d'histoire, des réformes grégoriennes aux conflits religieux, en passant par les restaurations modernes.
Le mobilier, bien que dépouillé, inclut des pièces remarquables : le gisant de Richard II (XIIIe siècle), des épitaphes médiévales comme celle du moine Sulpicius, et un baptistère du XIIe siècle. Les chapiteaux, comme celui de la Tentation du Christ, révèlent des influences orientales, peut-être liées aux croisades. L'absence de clocher, malgré des projets au XVIIIe siècle, et la disparition des bâtiments conventuels soulignent les vicissitudes de ce patrimoine, préservé grâce à des classements successifs (1840, 1931, 2011).