Frise chronologique
1062
Première mention écrite
Première mention écrite
1062 (≈ 1062)
Attestation documentaire de l'église.
1128 et 1142
Rattachement à Pébrac
Rattachement à Pébrac
1128 et 1142 (≈ 1142)
Devenue prieuré augustinien dépendant de l'abbaye.
fin XVe siècle
Portail gothique flamboyant
Portail gothique flamboyant
fin XVe siècle (≈ 1595)
Ajout sur la façade sud.
1874
Réhabilitation du porche
Réhabilitation du porche
1874 (≈ 1874)
Modification de l'entrée principale.
1902
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1902 (≈ 1902)
Protection officielle de l'édifice.
1931
Restauration majeure
Restauration majeure
1931 (≈ 1931)
Reconstruction partielle du porche sud.
années 2000
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
années 2000 (≈ 2000)
Restitution à l'identique avec flèche.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 29 janvier 1902
Personnages clés
| Saint Martin de Tours - Patron de l'église |
Dédicataire de l'édifice religieux. |
| Humbert d'Albon - Évêque du Puy (XIIe s.) |
Rattache l'église à Pébrac en 1128/1142. |
| Cardinal Melchior de Polignac (1661–1741) - Mécène et prélat |
Représenté dans le vitrail triptyque. |
| Prince Jules de Polignac (1780–1847) - Ministre de Charles X |
Figure politique honorée dans le vitrail. |
| Vicomte Héracle de Polignac (m. 1098) - Croisade d'Antioche |
Mort à 19 ans, célébré dans le vitrail. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Polignac, mentionnée dès 1062, est un édifice catholique roman situé en Haute-Loire, sur le flanc nord de la butte du château. Dédiée à saint Martin de Tours, elle fut rattachée en 1128 et 1142 au prieuré de Pébrac (abbaye augustinienne près de Langeac), échappant ainsi à l'autorité de l'évêque du Puy. Son plan carré, sans transept, inclut une nef à cinq travées, des collatéraux étroits, et une abside semi-circulaire ornée de fresques du XIIe siècle représentant le Jugement dernier, l'Enfer et le Paradis.
La façade sud, remaniée à la fin du XVe siècle, accueille un portail gothique flamboyant en grès, prolongé en 1874 par un porche aux sculptures angéliques (« apothéose de saint Martin »). Ce porche, initialement couvert d'un toit à deux pentes, fut transformé en 1931 par une balustrade gothique et un vitrail triptyque offert par la famille de Polignac, célébrant trois de ses membres : le cardinal Melchior (1661–1741), le prince Jules (ministre de Charles X), et le vicomte Héracle (mort en 1098 à Antioche).
L'édifice subit des modifications majeures : reconstruction partielle des parties hautes de la nef au XVIIe siècle, ajout d'une travée ouest au XIXe (supprimant la façade romane), et restauration du clocher vers l'an 2000. Classée monument historique en 1902, l'église conserve des éléments défensifs du XIVe siècle (meurtrières, mâchicoulis) témoignant de son intégration à la première ligne de défense du château. En 2021, le porche méridional et les fresques intérieures nécessitent une réhabilitation urgente, financée par l'État et la commune.
Les peintures murales, datées de la fin du XIIe et du XVe siècle, incluent des scènes mariales (Annonciation, Nativité) et une statue polychrome de sainte Anne (XIIIe siècle), exemple d'art naïf médiéval. Le chevet, pentagonal à l'extérieur, est flanqué de deux absidioles alignées sur les collatéraux. L'église, typique de la tradition romane du Puy, illustre l'évolution architecturale et spirituelle d'un prieuré rural auvergnat, marqué par les influences seigneuriales des Polignac et les chanoines de Pébrac jusqu'à la Révolution.
À la Révolution, un nouvel édifice fut construit sur l'emplacement d'un précédent, dont l'histoire reste inconnue. Les liens avec la famille de Polignac, mécènes et figures politiques (comme le prince Jules, ministre de Charles X), se matérialisent dans le vitrail commémoratif. Aujourd'hui, l'église reste un témoignage majeur du patrimoine religieux et défensif du Velay, mêlant art roman, gothique flamboyant et histoire locale.