Frise chronologique
1050
Donation à l'abbaye de Troarn
Donation à l'abbaye de Troarn
1050 (≈ 1050)
Roger de Montgommeeri offre l'église à Troarn.
vers 1150-1175
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
vers 1150-1175 (≈ 1163)
Nef romane avec arcades décorées.
XIIIe siècle
Reconstruction partielle du chœur
Reconstruction partielle du chœur
XIIIe siècle (≈ 1350)
Arc triomphal encore visible aujourd'hui.
XVe siècle (après 1450)
Agrandissement du chœur
Agrandissement du chœur
XVe siècle (après 1450) (≈ 1550)
Style gothique flamboyant post-guerre de Cent Ans.
27 décembre 1688
Effondrement de la flèche
Effondrement de la flèche
27 décembre 1688 (≈ 1688)
Foudre pendant les vêpres, 1 mort.
1827
Construction chapelle Sainte Vierge
Construction chapelle Sainte Vierge
1827 (≈ 1827)
Agrandissement nord du chœur.
1891
Deuxième effondrement de la flèche
Deuxième effondrement de la flèche
1891 (≈ 1891)
Reconstruction à l'identique ensuite.
1923
Classement monument historique
Classement monument historique
1923 (≈ 1923)
Protection partielle de l'édifice.
2011
Restauration intérieure
Restauration intérieure
2011 (≈ 2011)
Sols en pierre et badigeons à la chaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, à l'exception de ses parties modernes (collatéral situé au nord du choeur, sacristie et chapelle du Sacré-Coeur) : classement par arrêté du 29 janvier 1923
Personnages clés
| Roger de Montgommeeri - Vicomte d'Exmes |
Dona l'église à l'abbaye de Troarn en 1050. |
| Nicolas Lehot - Paroissien |
Victime de l'effondrement de 1688. |
| Capitaine Marion - Marin donateur |
Offrit un ex-voto vers 1860. |
| Abbé Lebourgeois - Curé de Réville |
Ajouta la chapelle du Sacré-Cœur post-1918. |
| Guillaume Fouace - Artiste local |
Auteur d'une toile et d'un gisant. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Réville, édifiée au XIIe siècle sur un monticule granitique dominant le havre de la Saire, est un témoignage architectural mêlant influences romanes et gothiques. Sa nef, reconstruite vers 1150-1175, arbore des arcades ornées de frettes et de bâtons brisés, typiques de l'art roman normand. Le chœur, initialement reconstruit au XIIIe siècle, fut agrandi après la guerre de Cent Ans dans un style gothique flamboyant, illustrant les évolutions stylistiques médiévales.
La flèche pyramidale en pierre de Caen, haute de 18 mètres, s'est effondrée à deux reprises : en 1688 sous l'effet de la foudre — causant la mort d'un paroissien et blessant 150 fidèles — et en 1891, avant d'être reconstruite à l'identique. Le clocher-tour du XVe siècle, ouvert par des baies ogivales et surmonté d'une balustrade ajourée, incarne l'apogée de l'architecture gothique flamboyante. Les chapelles latérales, ajoutées entre le XVe et le XIXe siècle, reflètent des campagnes de construction successives, dont la chapelle néo-romane du Sacré-Cœur édifiée après la Première Guerre mondiale.
Classée monument historique en 1923 (à l'exception des parties modernes comme la sacristie ou la chapelle du Sacré-Cœur), l'église abrite un mobilier remarquable : un retable du XVIIIe siècle, une statue de saint Adrien en armure (XVe-XVIe siècle), et des fonts baptismaux Louis XVI. Les restaurations de 2011 ont permis de retrouver les sols en pierre et les badigeons à la chaux d'origine, préservant ainsi son authenticité.
L'édifice, initialement lié à l'abbaye de Troarn après sa refondation post-millénaire, fut donné en 1050 par Roger de Montgommeeri, vicomte d'Exmes. Bien que rien ne subsiste de ce premier édifice, son histoire reflète les dynamiques religieuses et seigneuriales de la Normandie médiévale. Les modifications ultérieures, comme l'agrandissement du chœur ou l'ajout de chapelles, témoignent de son rôle central dans la vie paroissiale à travers les siècles.
La chapelle Saint-Jacques (XVe siècle) et la chapelle de la Sainte Vierge (1827) illustrent l'évolution des pratiques dévotionnelles, tandis que les ex-voto, comme celui offert par le capitaine Marion vers 1860, soulignent son ancrage maritime. Les sculptures, comme les chapiteaux romans aux motifs fantastiques ou l'ange tenant un écu, enrichissent son patrimoine artistique, faisant de l'église un lieu de mémoire à la fois religieux et historique.