Frise chronologique
1798 (an VI)
Incendie de la toiture
Incendie de la toiture
1798 (an VI) (≈ 6)
Campanile et charpente détruits.
1493
Bulle d’indulgences
Bulle d’indulgences
1493 (≈ 1493)
Obtenue par Jacques Colet pour financer l’église.
1527 (août)
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1527 (août) (≈ 1527)
Début de la construction sous Jean Colet.
1549
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1549 (≈ 1549)
Par Louis de Lorraine, évêque de Troyes.
1739
Destruction du campanile
Destruction du campanile
1739 (≈ 1739)
Par un orage violent.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments protégés en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Jean Colet - Chanoine et official de Troyes |
Initiateur et constructeur de l’église. |
| Jacques Colet - Curé de l’ancienne église |
Obtint la bulle d’indulgences en 1493. |
| Odard Hennequin - Évêque (et son architecte) |
Soutien technique depuis Senlis. |
| Louis de Lorraine - Évêque de Troyes |
Consacra l’église en 1549. |
| Guillaume II Cossard - Peintre (1736) |
Auteur de l’*Annonciation* intérieure. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Rumilly-lès-Vaudes, située dans le département de l’Aube en région Grand Est, fut construite entre 1527 et 1549 sous l’impulsion de Jean Colet, chanoine et official de Troyes. Ce dernier obtint des fonds grâce à une bulle d’indulgences accordée à Rome en 1493 à son frère Jacques, curé de l’ancienne église. Le projet bénéficia du soutien de l’évêque Odard Hennequin et de son architecte, venus de Senlis. L’édifice, de style gothique tardif, fut érigé après le déplacement du village, ruiné par la guerre de Cent Ans, vers un site proche de la forêt de l’Hozain. Sa façade s’inspire de celle de la cathédrale de Senlis, avec un tympan ouvert, une rosace (reconstruite en 1744), et des statues équestres de saint Martin.
L’église, classée monument historique dès 1840, subit plusieurs catastrophes : son campanile, détruit par un orage en 1739, fut reconstruit puis anéanti par un incendie en 1798 (an VI), qui ravagea aussi la toiture. Malgré ces aléas, elle conserve des traces de ces événements, comme des gargouilles finement sculptées sur deux niveaux. À l’intérieur, douze autels latéraux et un autel principal (XVIIIe siècle) côtoient des verrières du XVIe siècle, dont une fenêtre du transept sud dédiée à saint Jean, comparée à un « mistère » médiéval. Le retable de la Passion, en pierre polychrome, compte 70 personnages en ronde-bosse et constitue l’une des pièces maîtresses de l’édifice.
Les peintures et armoiries ornant les voûtes rendent hommage aux donateurs ayant soutenu Jean Colet, dont les blasons furent restaurés en 1867. Une plaque commémore la consécration de l’église en 1549 par Louis de Lorraine, évêque de Troyes. Parmi les œuvres notables figurent une Annonciation de Guillaume II Cossard (1736) et une Vierge en bois du XIVe siècle. L’église, propriété communale, témoigne aussi de liens avec le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, via une coquille gravée près de la « porte du baptême ». Son mobilier, ses autels latéraux et son retable illustrent l’art religieux des XVIe et XVIIIe siècles.