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Église Saint-Martin de Ryes dans le Calvados

Patrimoine classé Clocher en bâtière Eglise romane et gothique

Église Saint-Martin de Ryes

    Rue de l'Église 
    14400 Ryes
Propriété de la commune
Église Saint-Martin de Ryes
Église Saint-Martin de Ryes
Église Saint-Martin de Ryes
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Église Saint-Martin de Ryes
Église Saint-Martin de Ryes
Crédit photo : Ikmo-ned - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1600
1700
1800
1900
2000
1047
Rencontre Hubert de Ryes/Guillaume
XIe siècle
Construction initiale
Vers 1200
Construction du chœur
Début XIIe siècle
Reconstruction nef/clocher
1628
Reconstruction chapelle sud
1840
Classement monument historique
1848-1849
Restauration façade ouest
1965
Remplacement des vitraux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par liste de 1840

Personnages clés

Hubert de Ryes - Seigneur local Rencontra Guillaume le Conquérant en 1047.
Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie Mentionné dans les chroniques médiévales.
Jacques André - Seigneur de Sainte-Croix Reconstruit la chapelle sud en 1628.
Marie Davot - Épouse de Jacques André Gisant transféré à Bayeux.
Alphonse Delauney - Architecte des Monuments historiques Restaura chœur et façade au XIXe.
Wace - Chroniqueur normand A rapporté l'épisode de 1047.

Origine et histoire

L'église Saint-Martin de Ryes, située dans le département du Calvados en Normandie, trouve ses origines au XIe siècle, bien que sa nef et son clocher aient été reconstruits au début du XIIe siècle, suivis du chœur vers 1200. L’édifice, de petite taille (32 m de long), présente une structure en croix latine avec une nef à quatre travées, un clocher central roman coiffé d’une bâtière de pierre au XVIe siècle, et un chœur voûté de style gothique primitif. Son histoire est marquée par des liens étroits avec les abbayes de Fécamp (dès 1026) et de Longues (à partir de 1182), qui se partageaient son patronage jusqu’à la Révolution. Des armoiries visibles dans l’église rappellent cette dépendance féodale, tandis que des gisants du XVIIe siècle, aujourd’hui conservés au musée de Bayeux, témoignent de son rôle de sépulture seigneuriale.

Au XIXe siècle, l’architecte Alphonse Delauney mène d’importantes restaurations : reconstruction des chapelles latérales (1855 et 1877-1878), rétablissement des arcatures du chœur mutilées au XVIIIe siècle, et refonte de la façade ouest en style roman (1848-1849). Le tympan de cette façade, orné d’un agneau symbolisant le Christ, et les chapiteaux de la nef — décorés de motifs géométriques, d’animaux et de scènes énigmatiques comme Daniel dans la fosse aux lions — illustrent l’influence de l’art roman normand, proche de celui de la Trinité de Caen. Les vitraux, détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, ne furent remplacés qu’en 1965, tandis que l’église subit des profanations en 1906, 1998 et 2000.

Classée monument historique dès 1840, l’église conserve un mobilier remarquable, dont deux tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles (Présentation au temple, L’Assomption de la Vierge) et des clôtures liturgiques dédiées à sainte Claire d’Assise et saint François d’Assise. Son chœur, éclairé par un triplet et des baies en arc brisé, abrite des voûtes sexpartites soutenues par des colonnettes aux chapiteaux élégants. À l’extérieur, la tour romane, percée de fenêtres géminées, et les modillons de la corniche rappellent les techniques médiévales, tandis qu’une excroissance dans le mur de la sacristie révèle une adaptation pratique : l’agrandissement pour un chasublier tournant, meuble liturgique rare.

L’histoire de l’église est aussi liée à des figures historiques locales. Hubert de Ryes, seigneur du lieu, y aurait rencontré le futur Guillaume le Conquérant en 1047, épisode rapporté par les chroniques de Wace (Roman de Rou) et Benoît de Sainte-Maure. Au XVIIe siècle, Jacques André, seigneur de Sainte-Croix, reconstruit la chapelle sud (1628) pour y placer les gisants de son épouse Marie Davot et le sien, transférés au musée de Bayeux en 1840. Ces éléments soulignent le double rôle de l’édifice : lieu de culte paroissial sous influence monastique et mausolée seigneurial.

Les restaurations des XIXe et XXe siècles ont visé à préserver ce patrimoine hybride, mêlant phases médiévales (romanes et gothiques) et interventions modernes. Les travaux d’Alphonse Simil (1884-1891) ont consolidé les voûtes du chœur et les piliers de la croisée, tandis que la démolition du toit de la sacristie a permis de redécouvrir le triplet du chevet. Malgré les dégradations subies — profanations, guerres —, l’église reste un témoignage architectural et historique majeur du Bessin normand, reflétant près d’un millénaire d’évolution religieuse, seigneuriale et artistique.

Liens externes