Frise chronologique
XIIe–XIIIe siècle (1ère moitié)
Construction initiale
Construction initiale
XIIe–XIIIe siècle (1ère moitié) (≈ 1350)
Période romane avec influences gothiques précoces
Début XVe siècle
Embellissements possibles
Embellissements possibles
Début XVe siècle (≈ 1504)
Portail sud et détails sculptés ajoutés
1555
Création du polyptyque
Création du polyptyque
1555 (≈ 1555)
Œuvre de François Bréa dédiée à la Vierge
1921
Découverte des peintures
Découverte des peintures
1921 (≈ 1921)
Fresques du XVIIe siècle mises au jour
15 mai 1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
15 mai 1926 (≈ 1926)
Inscription à l'inventaire national
1958
Restauration du toit
Restauration du toit
1958 (≈ 1958)
Bardeaux de mélèze remplacés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 15 mai 1926
Personnages clés
| François Bréa - Peintre niçois |
Auteur du polyptyque (1555) |
| Jacques Thirion - Historien de l'art |
Analyse stylistique de l'église |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin, située à Saint-Martin-d'Entraunes dans les Alpes-Maritimes, est un édifice roman marqué par des éléments gothiques, daté entre le XIIe et la première moitié du XIIIe siècle, bien que certains détails architecturaux (comme le portail sud orné de colonnettes et de sculptures) suggèrent des embellissements ou une construction partielle au début du XVe siècle. Son style « d'arrière-saison » roman, mêlé à des apports gothiques, en fait selon l'historien Jacques Thirion un exemple typique des églises alpestres de cette transition stylistique. La présence de symboles templiers (croissant, soleil, glaive cruciforme) sur l'archivolte du portail sud a nourri la légende d'une attribution erronée aux Templiers, bien qu'aucun document historique ne confirme leur implication.
Le clocher, ancienne tour de garde indépendante, et la nef unique à abside semi-circulaire illustrent son architecture défensive et religieuse. Des peintures murales découvertes en 1921, datant d'environ 1600, représentent des saints (Jean-Baptiste, Blaise, Roch) et un Père éternel au geste rare (bénissant de la main gauche). Le toit en bardeaux de mélèze, restauré en 1958, et les modifications des fenêtres romanes (élargies en ouvertures rectangulaires) témoignent d'adaptations ultérieures. Classée Monument Historique en 1926, l'église abrite aussi un polyptyque de 1555 signé François Bréa, dédié à la Vierge du Rosaire, reflétant l'art religieux local de la Renaissance.
L'édifice, propriété communale, incarne l'évolution architecturale et spirituelle des Alpes du Sud, entre héritage médiéval et Renaissance. Son isolement géographique, près des cols des Champs et de la Cayolle, souligne son rôle historique comme lieu de culte et de passage dans les vallées montagneuses. Les comparaisons stylistiques avec des églises voisines (Ubaye, Briançonnais) placent Saint-Martin-d'Entraunes dans un réseau artistique régional, tout en soulignant son originalité par des détails comme les chapiteaux sculptés ou la prédelle des Apôtres du polyptyque.