Frise chronologique
début XIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
début XIe siècle (≈ 1104)
Début de l’histoire monastique du site.
1173
Consécration par l’évêque de Poitiers
Consécration par l’évêque de Poitiers
1173 (≈ 1173)
Acte officiel marquant l’achèvement des travaux.
fin XIIe siècle
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Édifice actuel bâti et consacré.
1568
Dégâts lors des guerres de Religion
Dégâts lors des guerres de Religion
1568 (≈ 1568)
Endommagement partiel de l’édifice.
1617
Début des restaurations baroques
Début des restaurations baroques
1617 (≈ 1617)
Modifications des fenêtres et ajout de retables.
1906
Remplacement par une nouvelle église
Remplacement par une nouvelle église
1906 (≈ 1906)
Menace de destruction évitée in extremis.
1910-1912
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1910-1912 (≈ 1911)
Protection partielle de l’édifice.
1915
Destruction de la nef occidentale
Destruction de la nef occidentale
1915 (≈ 1915)
Perte d’une partie du bâtiment.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'abside et le transept : classement par arrêté du 25 juin 1910 ; La première travée de la nef (contiguë au transept) : classement par décret du 23 novembre 1912
Personnages clés
| Abbé Grelier - Prêtre et archéologue |
Sauva l’église de la destruction en 1910. |
| Évêque de Poitiers (anonyme) - Consécrateur en 1173 |
Officia lors de l’achèvement de l’édifice. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Sallertaine, située dans le département de la Vendée (Pays de la Loire), est un édifice religieux dont les origines remontent au début du XIe siècle, lorsqu’elle fut fondée comme prieuré dépendant de l’abbaye de Marmoutier. Les vestiges de cette première construction subsistent partiellement dans les murs actuels. L’essentiel de l’édifice visible aujourd’hui résulte d’une reconstruction majeure menée à la fin du XIIe siècle, marquée par une consécration officielle en 1173 par l’évêque de Poitiers. Cette période voit l’émergence d’un style hybride, où des techniques romanes (comme la coupole de la croisée du transept) côtoient des éléments gothiques inspirés du modèle Plantagenêt, bien que mal maîtrisés par les artisans locaux.
L’église se distingue par son voûtement atypique : la croisée du transept arbore une coupole romane recouverte de nervures purement décoratives, imitant les voûtes angevines sans en adopter la fonction structurelle. À l’origine, le vaisseau était entièrement orné de fresques, dont il reste des fragments, notamment une crucifixion rare représentant un Christ aux yeux ouverts. Ces décors, ainsi qu’une partie de la nef, ont disparu au fil des siècles, notamment lors des guerres de Religion (1568), qui endommagèrent l’édifice. Les restaurations entreprises à partir de 1617 modifièrent profondément son apparence : les fenêtres romanes furent élargies, une flèche en charpente coiffa la croisée, et trois retables furent ajoutés, entraînant la destruction de l’absidiole sud.
Au XIXe siècle, l’église, jugée trop exiguë, fut remplacée par un nouvel édifice paroissial en 1906. Menacée de destruction, elle fut sauvée grâce à l’intervention de l’abbé Grelier, passionné d’archéologie, qui obtint son classement aux Monuments Historiques en 1910 et 1912. Malgré cette protection, la municipalité fit raser l’extrémité occidentale de la nef en 1915, ne conservant que l’abside, le transept et la première travée. Aujourd’hui, l’église Saint-Martin témoigne des transitions stylistiques médiévales et des aléas de l’histoire locale, depuis son rôle de prieuré bénédictin jusqu’à sa préservation mouvementée.
Les éléments protégés au titre des Monuments Historiques incluent l’abside, le transept (classés en 1910) et la première travée de la nef (classée en 1912). L’édifice, propriété de la commune de Sallertaine, conserve des traces de son passé monastique et de ses transformations successives, notamment les retables baroques et les modifications liturgiques des XVIIe et XVIIIe siècles. Son état actuel reflète à la fois sa richesse patrimoniale et les pertes subies au cours des siècles, depuis les conflits religieux jusqu’aux choix urbanistiques modernes.