Frise chronologique
1142
Première mention
Première mention
1142 (≈ 1142)
Citée dans le *Livre d'or* de Bayonne.
vers 1640
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure
vers 1640 (≈ 1640)
Initiée par Pedro de Axular, ajout des tribunes.
1765
Exhaussement du clocher
Exhaussement du clocher
1765 (≈ 1765)
Porté à 30 m de hauteur.
1793
Dégâts révolutionnaires
Dégâts révolutionnaires
1793 (≈ 1793)
Incendie partiel par la foudre.
1805
Restauration post-Terreur
Restauration post-Terreur
1805 (≈ 1805)
Réparation après les destructions.
1837
Dévotion mariale ajoutée
Dévotion mariale ajoutée
1837 (≈ 1837)
Consécration à Marie aux côtés de saint Martin.
1877–1880
Peintures décoratives
Peintures décoratives
1877–1880 (≈ 1879)
Illusions gothiques sur la voûte.
1904
Installation de l’orgue
Installation de l’orgue
1904 (≈ 1904)
Œuvre de Gaston Maille.
1982
Classement MH
Classement MH
1982 (≈ 1982)
Inscription pour son décor intérieur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin (cad. G 977) : inscription par arrêté du 14 janvier 1982
Personnages clés
| Pedro de Axular - Curé de Sare |
Initiateur de la reconstruction en 1641. |
| Gaston Maille - Facteur d’orgues |
Auteur de l’orgue installé en 1904. |
| Saint Martin de Tours - Patron de l’église |
Dédicace originelle du XIIe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Sare, mentionnée dès 1142 dans le Livre d'or de la cathédrale de Bayonne, est un édifice religieux fortifié situé au cœur du village basque de Sare, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ses fondations remontent au XIIe siècle, mais elle fut largement reconstruite vers 1640 à l’initiative du curé Pedro de Axular, pour répondre à l’afflux de fidèles après les conversions massives des XVIe–XVIIe siècles. L’architecture intègre des tribunes en bois inspirées des trinquets basques, une particularité régionale, ainsi qu’un clocher exhaussé en 1765, endommagé par la foudre en 1793 puis restauré en 1805.
L’église, dédiée à saint Martin de Tours et secondairement à la Vierge Marie depuis 1837, illustre l’adaptation des lieux de culte aux besoins communautaires. Ses murs épais (1,20 m) et son clocher de 30 m, servant aussi de poste de surveillance frontalière, reflètent son rôle défensif. À l’intérieur, cinq retables, un orgue de Gaston Maille (1904), et des peintures décoratives du XIXe siècle (1877–1880) témoignent de son riche patrimoine mobilier. Classée pour son décor intérieur en 1982, elle abrite aussi la tombe des benoîtes (religieuses locales), marquée par une inscription en basque.
Située sur un mamelon, l’église forme avec la mairie et le fronton le cœur historique de Sare, un village étape secondaire du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Son cadran solaire (1714) et ses galeries à balustres ornés de motifs régionaux soulignent son ancrage culturel basque. Les restaurations successives, notamment après les dégâts révolutionnaires, ont préservé son caractère hybride : à la fois lieu de culte, forteresse, et symbole identitaire.
Le mobilier inventorié inclut des lambris, une clôture de chœur, et des statues, tandis que des inscriptions en basque, comme « Oren guziek dute gizona kolpatzen » (« Toutes les heures blessent l’homme »), rappellent la dimension spirituelle et mortuaire du lieu. L’orgue, restauré en 2014, et les illusions gothiques peintes en 1877 complètent ce patrimoine, faisant de Saint-Martin un exemple emblématique de l’architecture religieuse basque, mêlant fonctions religieuses, défensives et communautaires.