Frise chronologique
VIIIe–IXe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
VIIIe–IXe siècle (≈ 950)
Citée dans la Charte de Clovis
XIIe siècle
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
XIIe siècle (≈ 1250)
Style roman auvergnat dominant
XVe–XVIe siècle
Ajout des chapelles latérales
Ajout des chapelles latérales
XVe–XVIe siècle (≈ 1650)
Formation d'un transept primitif
1660
Modification des baies
Modification des baies
1660 (≈ 1660)
Élargissement sauf fenêtre axiale
1730
Rénovation de la nef
Rénovation de la nef
1730 (≈ 1730)
Voûte en bois et toiture en tuiles
1747
Construction de la sacristie
Construction de la sacristie
1747 (≈ 1747)
Date portée sur une chaîne d'angle
XIXe siècle
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
XIXe siècle (≈ 1865)
Surélévation pendant la Restauration
23 décembre 1968
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 décembre 1968 (≈ 1968)
Inscription officielle à l'inventaire
1977
Découverte de la fresque
Découverte de la fresque
1977 (≈ 1977)
Christ en gloire du XVe siècle
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 240) : inscription par arrêté du 23 décembre 1968
Personnages clés
| Léger Poignet - Maître charpentier |
Refait la couverture en 1730 |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Sauvat est mentionnée dès le VIIIe ou IXe siècle dans la Charte de Clovis, comme propriété de l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens. Ce document médiéval, appelé polyptyque, recense ses biens sous le terme « In villa Salvat est ecclesia indominicata Sancto Martino dicata », attestant son ancienneté pré-romane. L'édifice actuel, reconstruit au XIIe siècle, incarne le style roman auvergnat, avec une nef unique et un chevet semi-circulaire caractéristique.
Au fil des siècles, l'église subit plusieurs transformations majeures : ajout de deux chapelles latérales (XVe–XVIe siècles), élargissement des baies de l'abside vers 1660, et reconstruction de la voûte et des toitures en 1730. Le clocher, probablement détruit pendant la Révolution, est remonté et surélevé durant la Restauration. Ces modifications reflètent les adaptations liturgiques et les aléas historiques, tout en préservant des éléments romans originaux comme les modillons sculptés ou le portail à colonnettes.
Le porche occidental, typique de la Haute-Auvergne, se distingue par ses colonnettes à chapiteaux sculptés (malgré leur érosion) et une tête hurlante apotropaïque nommée « Salguebrou », destinée à éloigner les démons. Ce motif récurent dans la région (Fontanges, Ydes-Bourg) souligne le rôle symbolique de l'église comme rempart spirituel. À l'intérieur, une fresque du XVe siècle découverte en 1977 représente le Christ en gloire entouré des évangélistes, tandis que le cimetière abrite une croix portée par une ancienne cuve baptismale sculptée.
Classée Monument Historique en 1968, l'église illustre la richesse du patrimoine roman auvergnat, mêlant fonctions religieuses, artisanat local (pierre volcanique, lauzes) et adaptations architecturales à travers les époques. Son clocher-mur à deux niveaux, ses modillons aux motifs uniques (comme les têtes tirant la langue), et ses liens avec des édifices voisins (Salers, Chastel-Marlhac) en font un témoin majeur de l'histoire médiévale et moderne du Cantal.
Les matériaux utilisés — grès, tuf volcanique, basalte — révèlent une adaptation aux ressources locales. La nef, initialement couverte de chaume jusqu'en 1730, voit sa charpente refaite en tuiles par le maître charpentier Léger Poignet. Ces détails techniques, couplés à des éléments décoratifs comme les griffons et dragons affrontés des chapiteaux, soulignent le savoir-faire des artisans romans et leur héritage dans les ajouts postérieurs.