Frise chronologique
1540
Réalisations des fresques
Réalisations des fresques
1540 (≈ 1540)
Peintures attribuées à un artiste italien.
XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XVe siècle (≈ 1550)
Édifice gothique avec tour fortifiée.
1845
Redécouverte des fresques
Redécouverte des fresques
1845 (≈ 1845)
Début de leur restauration par Malardot.
9 mai 1881
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 mai 1881 (≈ 1881)
Protection de l’église et des fresques.
fin XVIIIe - début XIXe siècle
Recouvrement des fresques
Recouvrement des fresques
fin XVIIIe - début XIXe siècle (≈ 1925)
Badigeon appliqué, masquant les peintures.
1944
Bombardements américains
Bombardements américains
1944 (≈ 1944)
Destruction du clocher et dommages aux fresques.
1945-1963
Restauration du Jugement dernier
Restauration du Jugement dernier
1945-1963 (≈ 1954)
Travaux post-seconde guerre mondiale.
2002-2004
Campagne de conservation
Campagne de conservation
2002-2004 (≈ 2003)
Lutte contre l’usure du temps.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 9 mai 1881
Personnages clés
| Laurent-Charles Maréchal - Peintre-verrier |
Auteur des vitraux du XIXe siècle. |
| Malardot - Artiste restaurateur |
Restaura les fresques à partir de 1845. |
| Curé de Sillegny (1540) - Commanditaire présumé |
Aura sollicité le peintre italien. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Sillegny, située en Moselle dans le Grand Est, est un édifice gothique édifié au XVe siècle, avec une tour fortifiée plus ancienne servant de refuge aux habitants. Une campagne de transformation majeure à la charnière des XVe et XVIe siècles permit l’ajout du chœur, du transept et de la première sacristie, ainsi que des vitraux originaux, partiellement remplacés au XIXe siècle par des œuvres de Laurent-Charles Maréchal, élève de Delacroix. Le clocher, rasé au XVIe siècle, fut reconstruit au XIXe siècle, mais une décision municipale supprima alors le bras sud du transept, brisant sa symétrie.
Ce qui distingue ce monument est son exceptionnel décor de fresques anonymes du second quart du XVIe siècle, couvrant murs et voûtes. Ces peintures à l’œuf et à la colle, inspirées de l’Évangile et de la Bible, valurent à l’église le surnom de petite Sixtine lorraine ou Sixtine de la Seille. Selon la tradition, un peintre italien ambulant les réalisa en 1540 à la demande du curé, bien que certaines hypothèses évoquent des artistes liés au cloître Sainte-Marie-aux-Nonnains de Metz. Recouvertes de badigeon à la fin du XVIIIe siècle, elles furent redécouvertes en 1845 et restaurées pendant vingt ans par l’artiste messin Malardot.
Classée Monument Historique dès 1881, l’église subit des dommages lors des bombardements américains de 1944, détruisant le clocher et endommageant gravement la fresque du Jugement dernier. Sa restauration s’étala de 1945 à 1963, suivie d’une nouvelle campagne de 2002 à 2004 pour préserver ces trésors. Parmi les scènes représentées figure saint Césaire, diacre et martyr, patron des empereurs romains, peint dans le presbytère.
L’édifice illustre à la fois l’art religieux de la Renaissance en Lorraine et les aléas de son histoire, marquée par des destructions partielles et des restaurations successives. Son classement précoce témoigne de sa valeur patrimoniale exceptionnelle, tandis que ses fresques offrent un rare exemple d’art mural profane et sacré du XVIe siècle en France.