Frise chronologique
IXe siècle
Abbaye bénédictine primitive
Abbaye bénédictine primitive
IXe siècle (≈ 950)
Première occupation religieuse présumée, dédiée à Sainte-Marie-aux-Bois.
1499
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1499 (≈ 1499)
Confisquée par le diocèse de Toul.
XVe siècle
Reconstruction après incendie
Reconstruction après incendie
XVe siècle (≈ 1550)
Édification de l’église actuelle en style ogival.
1887
Remplacement des vitraux
Remplacement des vitraux
1887 (≈ 1887)
Œuvre d’Antoine Bertin, école de Nancy.
1995
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1995 (≈ 1995)
Protection officielle de l’édifice.
2006-2014
Restauration et réouverture
Restauration et réouverture
2006-2014 (≈ 2010)
Travaux majeurs après fermeture en 1999.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AA 77) : classement par arrêté du 30 janvier 1995
Personnages clés
| Saint Martin - Patron de l’église |
Représenté dans six bas-reliefs du XVIIIe siècle. |
| Antoine Bertin - Peintre-verrier (1834–1904) |
Auteur des vitraux de 1887. |
| Saint-Joire - Sculpteur lorrain |
Auteur des bas-reliefs de saint Martin. |
| François-Louis Comon - Sculpteur restaurateur |
Restaure les bas-reliefs après la Révolution. |
| Claude de Saint-Vincent - Seigneur de Sorcy (XVIIe) |
Monument funéraire classé dans l’église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Sorcy-Saint-Martin, située dans le département de la Meuse en région Grand Est, est édifiée au XVe siècle sur l’emplacement présumé d’une abbaye bénédictine du IXe siècle, dédiée initialement à Sainte-Marie-aux-Bois. Des sondages récents ont révélé une nécropole mérovingienne sous ses fondations, attestant d’une occupation religieuse ancienne. L’édifice actuel, reconstruit après un incendie au XVe siècle dans un style ogival, devient église paroissiale en 1499 sous l’autorité du diocèse de Toul, desservant les bourgs de Sorcy et Saint-Martin.
Classée Monument Historique en 1995, l’église se distingue par son architecture gothique flamboyant : une nef à quatre travées sans transept, un chevet à cinq pans éclairé par des baies à réseaux flamboyants, et des voûtes à liernes et tiercerons. Le clocher, probablement la partie la plus ancienne, est coiffé d’un dôme octogonal et d’un escalier à vis roman restauré en 2008. Les vitraux, détruits pendant la Révolution, furent remplacés en 1887 par Antoine Bertin, précurseur de l’école de Nancy, tandis que le mobilier intérieur (chaire, retables, bas-reliefs) témoigne de la richesse artistique des XVIIe et XVIIIe siècles.
L’église abrite des sépultures seigneuriales, dont celles des familles des châteaux Emmi et Sorcy-bas, découvertes sous le dallage. Son décor comprend six bas-reliefs du XVIIIe siècle représentant la vie de saint Martin, une chaire en pierre sculptée inspirée de celle de Saint-Roch à Paris, et des fonts baptismaux classés. Après des travaux majeurs entre 2006 et 2014, l’édifice, fermé en 1999 pour dégradations, a rouvert au public. Le cimetière paroissial, autrefois adjacent, fut déplacé en 1833, laissant place à une inscription latines sur son portail : HODIE MIHI, CRAS TIBI.
Parmi les objets protégés figurent un christ en croix du XVe siècle, des stalles du XVIIe siècle, un monument funéraire classé du Seigneur Claude de Saint-Vincent, et neuf verrières signées Bertin. Ces éléments, recensés dans la base Palissy, illustrent l’importance patrimoniale de l’église, à la fois lieu de culte, nécropole seigneuriale et témoin de l’art lorrain.
L’histoire de l’église reflète les bouleversements locaux : destruction par le feu, confiscation diocésaine, révolutions artistiques et politiques. Sa réouverture en 2014, après des décennies de restaurations, marque la préservation d’un patrimoine à la fois religieux, architectural et mémoriel, ancré dans l’histoire de la Meuse et du Grand Est.