Frise chronologique
IXe siècle
Fondation de l'abbaye Sainte-Marie-de-la-Sagne
Fondation de l'abbaye Sainte-Marie-de-la-Sagne
IXe siècle (≈ 950)
Origine du site près du castrum de Verdun.
1120
Première mention de l'église Saint-Martin
Première mention de l'église Saint-Martin
1120 (≈ 1120)
Bulle papale de Calixte II.
1508
Construction d'une chapelle latérale
Construction d'une chapelle latérale
1508 (≈ 1508)
Contrat mentionné dans les archives.
1512
Installation d'une cloche
Installation d'une cloche
1512 (≈ 1512)
Fin des travaux majeurs.
1573
Destruction par les protestants
Destruction par les protestants
1573 (≈ 1573)
Seul le clocher subsiste.
17 avril 1879
Classement du clocher
Classement du clocher
17 avril 1879 (≈ 1879)
Protection au titre des Monuments Historiques.
1937–1939
Restauration du clocher
Restauration du clocher
1937–1939 (≈ 1938)
Ajout de crénelages et merlons.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : classement par avis de classement du 17 avril 1879
Personnages clés
| Calixte II - Pape |
Confirme les possessions de l'abbaye en 1120. |
| Famille de Trencavel - Co-seigneurs de Berniquaut |
Partagent la seigneurie avec l'abbé au XIIe. |
| Seigneur de Roquefort - Nouveau seigneur en 1141 |
Reçoit Berniquaut en donation. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Sorèze trouve ses origines dans l'histoire de l'abbaye Sainte-Marie-de-la-Sagne, fondée au IXe siècle dans une zone marécageuse près du castrum de Verdun. La première mention de l'église remonte à 1120, dans une bulle papale confirmant les possessions de l'abbaye. À cette époque, le village fortifié de Berniquaut, co-seigneurie des Trencavel et de l'abbé de Sorèze, dominait la région avant d'être abandonné au profit de la ville basse autour de l'abbaye. L'église primitive, probablement située à l'emplacement de l'édifice gothique actuel, était entourée d'un cimetière encore utilisé au XVIIIe siècle.
La construction de l'église gothique actuelle, bien que mal datée, est associée à la prospérité post-guerre de Cent Ans. Une chapelle latérale est mentionnée en 1508, et une cloche est installée en 1512, marquant l'achèvement des travaux. Le clocher, de style flamboyant avec des influences Renaissance (putti, animaux fantastiques), surmonte un chevet heptagonal fortifié, équipé de mâchicoulis et d'un chemin de ronde crénelé. Ces éléments défensifs reflètent les tensions de l'époque, notamment pendant les guerres de Religion.
En 1573, les protestants détruisent presque entièrement l'église lors du second sac de Sorèze, épargnant seulement le clocher et l'abside. Ces vestiges, restaurés à plusieurs reprises (XIXe siècle, 1937–1939, 1941), témoignent de l'architecture médiévale tardive. Le clocher, classé Monument Historique en 1879, domine toujours le paysage. Les fondations de la nef, occupées par un cimetière puis détruites en 1773 pour percer une rue, ont disparu, ne laissant que ce remnant emblématique.
Les restaurations successives (toiture en 1717, 1887, 1902–1906) et l'ajout de crénelages au XXe siècle ont préservé ce patrimoine. Le chevet, construit en moellons de calcaire, granite et schiste, conserve une voûte d'ogives et des chapiteaux sculptés mêlant motifs flamboyants et Renaissance. L'église, initialement paroissiale, illustre l'évolution architecturale et les conflits religieux qui ont marqué le Tarn et l'Occitanie.
Aujourd'hui, le clocher de Saint-Martin, propriété départementale, reste un symbole de la résilience du patrimoine local. Son escalier en vis, ses baies à remplages flamboyants et sa flèche polygonale en ardoise en font un exemple rare d'édifice à la fois religieux et défensif, reflétant les bouleversements historiques de la région depuis le Moyen Âge.