Frise chronologique
vers 1155
Construction initiale
Construction initiale
vers 1155 (≈ 1155)
Chœur et soubassement du clocher édifiés.
1595
Reconstruction de la tour
Reconstruction de la tour
1595 (≈ 1595)
Tour partiellement refaite au XVIIIe siècle.
fin 1793 - début 1794
Inscription révolutionnaire
Inscription révolutionnaire
fin 1793 - début 1794 (≈ 1794)
Référence au Culte de la Raison.
17 février 1972
Inscription MH
Inscription MH
17 février 1972 (≈ 1972)
Classement aux monuments historiques.
2008-2011
Restauration majeure
Restauration majeure
2008-2011 (≈ 2010)
Couverture, murs, vitraux rénovés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin (cad. E 228) : inscription par arrêté du 17 février 1972
Personnages clés
| Érart de Chalendry - Seigneur de Neufmanil |
Dalle funéraire datée de 1480. |
| Gérarde de Chalendry - Fille d'Érart |
Dalle funéraire datée de 1500. |
| Nicolas Diot - Curé puis évêque constitutionnel |
En poste de 1789 à 1791. |
| Jean Lebœuf - Membre de la famille Le Bœuf |
Plaque funéraire datée de 1573. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Vendresse, située dans le département des Ardennes en région Grand Est, trouve ses origines au XIIe siècle. Sa construction débute vers 1155, avec le chœur et le soubassement du clocher comme parties les plus anciennes. L'édifice, en pierres blanches de Chéhéry, présente un portail occidental gothique et des bas-côtés voûtés sur croisées d'ogives. Les transformations successives, notamment aux XVIe et XVIIIe siècles, reflètent son adaptation aux besoins défensifs et religieux de la communauté.
Au XVIe siècle, les habitants fortifient l'église, ajoutant des canonnières aux bas-côtés sud et reconstruisant partiellement la tour, datée de 1595 mais remaniée au XVIIIe siècle. Une inscription révolutionnaire de 1793-1794, « Le peuple français reconnaît l'Être suprême et l'immortalité de l'âme », témoigne des bouleversements politiques de l'époque. Le mobilier inclut des fonts baptismaux romans et des dalles funéraires exceptionnelles, comme celle d'Érart de Chalendry (1480) et de sa fille Gérarde (1500), en pierre bleue rare dans la région.
Parmi les éléments remarquables, la dalle funéraire d'Érart de Chalendry, seigneur de Neufmanil et vassal du comte de Nevers, se distingue par son iconographie symbolique (lévrier et lion) et son style mosan. D'autres plaques commémorent des familles locales, comme les Le Bœuf (XVIe–XVIIe siècles) ou Pierre Joseph Poschet (1762). L'église, inscrite aux monuments historiques en 1972, a bénéficié de restaurations majeures entre 2008 et 2011, préservant sa couverture, ses murs et ses vitraux.
L'histoire de l'édifice est aussi liée à Nicolas Diot, curé de Vendresse de 1789 à 1791, devenu ensuite évêque constitutionnel de la Marne. Son passage illustre les tensions religieuses de la Révolution. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage architectural et historique majeur des Ardennes, mêlant patrimoine médiéval, Renaissance et héritage révolutionnaire.
Les matériaux utilisés, comme la pierre bleue des dalles funéraires ou les pierres de Chéhéry, soulignent les échanges régionaux et les spécificités locales. La présence de canonnières et de fortifications rappelle les conflits qui ont marqué les XVIe et XVIIe siècles, période où les églises servaient souvent de refuges. Enfin, les restaurations récentes garantissent la transmission de ce patrimoine aux générations futures.