Frise chronologique
XIVe siècle
Donjon initial
Donjon initial
XIVe siècle (≈ 1450)
Partie la plus ancienne, à deux niveaux.
1537
Construction du chœur
Construction du chœur
1537 (≈ 1537)
Chœur daté, modèle pour d'autres églises.
1728
Déclaration des revenus
Déclaration des revenus
1728 (≈ 1728)
Cure rapportant 371 livres par an.
XVIIe siècle
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
XVIIe siècle (≈ 1750)
Nef surbaissée ajoutée à cette période.
1987
Inscription MH
Inscription MH
1987 (≈ 1987)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Martin (cad. AC 24, 25) : inscription par arrêté du 9 juillet 1987
Personnages clés
| Chapitre de Rozoy - Patron de la cure |
Dîmait pour 2/9 avant 1789. |
| Curé de Vigneux-Hocquet - Desservant local |
Dîmait pour 3/9 avant 1789. |
| Prieur de Sainte-Léocade - Bénéficiaire ecclésiastique |
Dîmait pour 4/9 avant 1789. |
| Martin Lefébure - Chapelain |
Plaque funéraire conservée dans l'église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Vigneux-Hocquet est un monument religieux fortifié, typique de l'architecture défensive développée dans la vallée de la Serre aux XVIe et XVIIe siècles. Elle fait partie d'un réseau d'églises conçues pour protéger les populations locales contre les pillards et les invasions, une caractéristique fréquente dans la région de Thiérache. Son donjon du XIVe siècle, son chœur daté de 1537 et sa nef reconstruite au XVIIe siècle illustrent cette dualité entre lieu de culte et refuge militaire. Une tradition locale évoque même l'existence d'un tunnel secret reliant l'église aux prés du bois du Val-Saint-Pierre, utilisé comme voie d'évasion en cas de siège.
Le chœur de l'église, daté précisément de 1537, est considéré comme un modèle architectural pour d'autres églises fortifiées de la région, comme celles de Renneval et Morgny. La structure comprend également une tourelle percée de meurtrières et deux échauguettes, éléments défensifs permettant d'accéder à une salle de refuge située à l'étage supérieur. Ces aménagements reflètent les besoins de sécurité des communautés rurales de l'époque, souvent exposées aux conflits et aux raids.
Avant la Révolution française, l'église était sous le patronage du chapitre de Rozoy, qui percevait une partie des dîmes avec le curé et le prieur de Sainte-Léocade. Une déclaration de 1728 indique que la cure, incluant dix arpents de terre et vingt verges de pré, rapportait annuellement 371 livres, soulignant son importance économique pour la paroisse. L'édifice a été inscrit au titre des monuments historiques en 1987, et son entretien est aujourd'hui soutenu par l'association Les Amis de l'Église fortifiée, qui œuvre à sa restauration et à sa préservation.
L'église se distingue par son hétérogénéité architecturale, combinant des éléments médiévaux (le donjon du XIVe siècle) et des ajouts plus récents, comme la nef du XIXe siècle. Cette diversité témoigne des évolutions successives du bâtiment, adapté aux besoins changeants de la communauté. Son inscription comme monument historique en 1987 a permis de protéger ce patrimoine unique, mêlant histoire religieuse, militaire et sociale de la Thiérache.