Frise chronologique
XIe siècle (vers 1010–1030)
Fondation de la nef romane et du prieuré
Fondation de la nef romane et du prieuré
XIe siècle (vers 1010–1030) (≈ 1020)
Donation aux moines de Saint-Aubin d’Angers.
XVe siècle (début)
Peintures murales et verrière gothique
Peintures murales et verrière gothique
XVe siècle (début) (≈ 1515)
Programme pictural inspiré du roi René.
1852
Redécouverte des fresques
Redécouverte des fresques
1852 (≈ 1852)
Dégagement des peintures du XVIe siècle.
1875
Destruction du chœur roman
Destruction du chœur roman
1875 (≈ 1875)
Construction du chœur néogothique par Duchoussay.
1918
Incendie du clocher
Incendie du clocher
1918 (≈ 1918)
Flèche détruite par la foudre.
1980
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1980 (≈ 1980)
Protection de la nef et des peintures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, y compris les peintures murales, à l'exclusion du choeur et du transept du XIXe siècle (cad. AH 148) : classement par arrêté du 14 mai 1980 ; Choeur et transept du XIXe siècle (cad. AH 148) : inscription par arrêté du 14 mai 1980
Personnages clés
| Martin de Vertou (527–601) - Évangélisateur et saint patron |
Fondateur présumé de l’église, né à Nantes. |
| Roi René d’Anjou (1409–1480) - Mécène et poète |
Inspirateur des peintures murales du XVIe siècle. |
| Guy Aubry - Trésorier de la cathédrale d’Angers |
Donateur du prieuré aux bénédictins (XIe siècle). |
| Eugène Duchoussay - Architecte du XIXe siècle |
Concepteur du chœur néogothique (1875). |
| Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues |
Auteur de l’orgue de tribune (1883). |
| René Victor Livache - Peintre-verrier |
Auteur des vitraux et restaurateur des fresques. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin du Lion-d’Angers, située dans le département de Maine-et-Loire, est un monument emblématique associant une nef romane du XIe siècle, l’une des plus anciennes du département, à un chœur néogothique du XIXe siècle. Fondée sous le vocable de Martin de Vertou, évangélisateur du Pays nantais, elle est donnée entre 1010 et 1030 par le trésorier Guy Aubry aux moines bénédictins de l’abbaye Saint-Aubin d’Angers. Un prieuré contigu est alors construit, témoignant de son importance religieuse médiévale.
Au XVe siècle, sous l’influence du roi René d’Anjou et de l’abbaye Saint-Aubin, l’église s’enrichit de peintures murales, dont un programme pictural représentant le Portement de Croix avec des figures de souffrants aidant le Christ, thème rare inspiré d’un poème attribué au duc. Ces fresques, redécouvertes en 1852, incluent aussi des scènes de martyres et un diable aux sept visages symbolisant les péchés capitaux. Une chapelle baptismale gothique et une verrière du XIVe siècle complètent cet héritage médiéval.
Le XIXe siècle marque une transformation majeure : face à l’accroissement démographique (2 732 habitants en 1841), la décision est prise d’agrandir l’édifice. En 1875, l’ancien chœur roman, jugé « sans intérêt », est détruit pour laisser place à un chœur néogothique imposant en tuffeau, conçu par l’architecte Duchoussay. Les ateliers Moisseron d’Angers réalisent alors un mobilier liturgique (stalles, ciborium, confessionnaux) dans le même style, tandis que deux orgues, signés Cavaillé-Coll et Debierre, sont installés en 1883. Les vitraux, confiés à René Victor Livache, illustrent des saints locaux comme Martin de Vertou.
L’église subit plusieurs aléas : en 1918, la foudre détruit la flèche du clocher (reconstruite en 1997), et en 1972, un incendie criminel vise les peintures murales. Classée Monument Historique en 1980 pour sa nef et ses fresques (à l’exclusion du chœur néogothique, seulement inscrit), elle bénéficie de restaurations récentes (2004–2016). Son orgue Cavaillé-Coll, intact depuis 1883, et ses peintures murales, dont des relevés sont conservés au Musée des Beaux-Arts d’Angers, en font un témoignage unique de l’art religieux angevin.
Le roi René d’Anjou (1409–1480), mécène et poète, joue un rôle central dans l’iconographie de l’église. Son poème sur le Portement de Croix, où des figures marginalisées (pauvres, malades, prisonniers) aident le Christ, inspire les fresques du Lion-d’Angers et d’autres sites angevins comme les Ponts-de-Cé. Bien qu’aucune peinture ne lui soit directement attribuée, son influence artistique et spirituelle marque durablement la région, notamment via son confesseur Bernardin de Sienne et son héritière Jeanne de Laval.
Aujourd’hui, l’église Saint-Martin incarne la superposition des époques : la sobriété romane de sa nef en grès roussard contraste avec l’exubérance néogothique de son chœur. Ses peintures murales, ses vitraux signés Livache, et son orgue historique en font un lieu de mémoire à la fois médiéval, renaissant et post-révolutionnaire, reflétant les mutations religieuses et sociales de l’Anjou à travers les siècles.