Frise chronologique
1531
Date gravée sur une console
Date gravée sur une console
1531 (≈ 1531)
Indique l’achèvement de la nef et des bas-côtés.
1520-1550
Construction de l'église
Construction de l'église
1520-1550 (≈ 1535)
Période principale de construction, style gothique flamboyant.
1633
Ancienne calotte du clocher
Ancienne calotte du clocher
1633 (≈ 1633)
Mentionnée dans les archives paroissiales.
1654
Installation du retable
Installation du retable
1654 (≈ 1654)
Retable baroque du maître-autel, œuvre de Pierre Favri.
1666
Installation du carillon
Installation du carillon
1666 (≈ 1666)
Dix cloches fondues par Florentin Legay.
1780
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1780 (≈ 1780)
Remplacement de la calotte par un dôme et un lanternon.
13 juillet 1911
Classement monument historique
Classement monument historique
13 juillet 1911 (≈ 1911)
Protection officielle de l’édifice par l’État.
1971-2003
Restauration complète
Restauration complète
1971-2003 (≈ 1987)
Campagnes de restauration sous direction des Monuments Historiques.
7 décembre 1991
Inauguration de l'orgue
Inauguration de l'orgue
7 décembre 1991 (≈ 1991)
Orgue restauré et inauguré dans l'église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 13 juillet 1911
Personnages clés
| Jean Vallery-Radot - Historien et chercheur |
A étudié l’histoire et l’architecture de l’église. |
| Maurice Pignard-Péguet - Historien local |
A décrit l’église dans son ouvrage de 1911. |
| Florentin Legay - Fondeur de cloches |
A fondu le carillon en 1666. |
| Pierre Favri - Menuisier parisien |
A réalisé le retable en 1654. |
| Jacques Amelot - Seigneur local et parrain |
Parrain de la cloche Martine en 1666. |
| Albert-Marie de Monléon - Évêque de Meaux |
A béni l’église après restauration en 2003. |
Origine et histoire
L'église Saint-Martin du Mesnil-Amelot, située en Île-de-France dans le département de Seine-et-Marne, est un édifice religieux catholique construit entre 1520 et 1550. Elle illustre le style gothique flamboyant, avec des influences timides de la Renaissance visibles dans les chapiteaux du rond-point de l'abside et les réseaux des fenêtres. Son plan particulier, sans transept ni chapelles rayonnantes, comprend trois vaisseaux de même largeur, un déambulatoire et un chevet polygonal. La nef, aveugle et élancée, communique avec les bas-côtés par de grandes arcades largement ouvertes, créant un espace intérieur harmonieux et monumental. La polychromie d'origine, restituée lors de restaurations récentes, met en valeur une architecture soignée, complétée par un grand retable baroque du XVIIe siècle.
L’histoire de l’église est marquée par des liens avec des seigneurs ecclésiastiques, notamment l’abbaye de Cluny et le prieuré Saint-Martin-des-Champs, qui pourraient expliquer son vocable dédié à saint Martin de Tours. Bien que les archives manquent sur sa construction, une console datée de 1531 dans le bas-côté nord suggère l’achèvement de la nef et des bas-côtés à cette période. Les parties orientales, légèrement influencées par la Renaissance, furent probablement édifiées peu après. Le clocher, dont les parties basses pourraient dater de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, fut remanié en 1780, perdant sa calotte de 1633 au profit d’un dôme et d’un lanternon.
Classée monument historique en 1911, l’église a bénéficié d’une restauration complète entre 1971 et 2003, redonnant éclat à ses sculptures, sa polychromie et son mobilier, dont un orgue inauguré en 1991. Le retable du maître-autel, œuvre baroque de 1654, et les boiseries du XVIe siècle de la sacristie comptent parmi les éléments classés, aux côtés de statues et d’une cloche de 1666. Aujourd’hui affiliée au secteur paroissial Ouest-Goële, l’église accueille des messes dominicales irrégulières, perpétuant son rôle spirituel et culturel dans la communauté locale.
L’extérieur de l’église révèle une façade occidentale richement décorée, ornée d’arcatures trilobées et de sculptures, dont un portail encadré de statues des Douze Apôtres. Les élévations latérales, notamment celle du nord tournée vers la rue principale, présentent un décor soigné avec des contreforts ornés de clochetons et des fenêtres à remplage flamboyant. Le chevet, plus sobre, est marqué par des arcs-boutants à simple volée et des gargouilles évacuant les eaux pluviales. La proximité de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, à moins d’un kilomètre, contraste avec le calme historique de ce lieu de culte.
À l’intérieur, la nef et le chœur offrent une unité stylistique remarquable, avec des voûtes d’ogives aux clés sculptées et une polychromie architecturale restituée. Les chapiteaux corinthiens du rond-point de l’abside, bien que fantaisistes, témoignent d’une transition vers la Renaissance, tandis que les bas-côtés, aussi larges que le vaisseau central, doublent la capacité d’accueil de l’édifice. Le déambulatoire, isolé du chœur par des clôtures ajourées, abrite des boiseries et un retable richement décoré, illustrant la Charité de saint Martin. L’ensemble, alliant harmonie architecturale et décor sculpté, fait de cette église un exemple remarquable du patrimoine religieux francilien.