Origine et histoire de l'Église Saint-Martin-ès-Vignes
L’église Saint-Martin-ès-Vignes, située à Troyes dans l’Aube, fut initialement une paroisse du diocèse local, dépendant de l’abbé de Montiéramey jusqu’en 1768. En 1582, la foudre endommagea son clocher, mais sa destruction totale fut ordonnée en 1590 par le comte de Saint-Pol, commandant ligueur de Troyes, pour empêcher son usage comme abri ou réserve de pierres lors de sièges. Ses matériaux servirent à construire le fort de Chevreuse.
Une chapelle dédiée à sainte Jule, martyre troyenne, fut rebâtie sur son emplacement d’origine, incluant un puits lié à son martyr et réputé pour guérir les fièvres. Cette chapelle, abandonnée pendant la Révolution, fut détruite en 1833. L’église actuelle, reconstruite à 2 km de Troyes sur un terrain donné par Luc Lorey, intègre une dédicace secondaire à sainte Jule, avec des vitraux narrant sa vie et une relique.
L’édifice, classé monument historique en 1908, présente un plan rectangulaire avec un portail de 1681 orné des armes de l’abbé Pierre Henri Thiebault de Montmorency-Luxembourg. Son clocher date de 1747, et son chevet à trois pans s’accompagne d’un transept à une travée. Le mobilier inclut des œuvres du XVIe au XVIIIe siècle, comme des statues en calcaire, des tableaux de Pierre Cossard, et un orgue dont le buffet central date de 1534.
Le puits de Sainte Jule, lieu présumé de sa décapitation, était un site de pèlerinage jusqu’à sa destruction en 1833. À proximité, un tombeau dit « gaulois » fut découvert au XVIIIe siècle, révélant une ascia et confirmant l’usage du site comme cimetière juif. Le carrelage du XVIe siècle, refait en 1850 par François Joseph Valtat, ne résista pas à l’usure.
L’église illustre les tensions religieuses des guerres de Ligue, avec sa reconstruction symbolisant la résilience de la communauté troyenne. Son mobilier, comme les fonts baptismaux en marbre rose ou les tableaux de la Résurrection, reflète l’art sacré des XVIIe et XVIIIe siècles, tandis que son architecture mêle sobriété et éléments baroques, comme le cadran solaire de 1778.