Construction de l'église vers 1845 (≈ 1845)
Financement par Eugène Salomon, négociant local.
1863
Réalisation du vitrail nord
Réalisation du vitrail nord 1863 (≈ 1863)
Œuvre de l’atelier parisien Lusson.
1870
Inscription gravée dans le sol
Inscription gravée dans le sol 1870 (≈ 1870)
Mention de Carraud Laurent, maire.
13 septembre 1988
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 13 septembre 1988 (≈ 1988)
Protection intégrale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AC 111) : inscription par arrêté du 13 septembre 1988
Personnages clés
Eugène Salomon - Mécène et négociant
Finança la construction au XIXe siècle.
Carraud Laurent - Maire de La Grave en 1870
Mentionné dans une inscription gravée.
Origine et histoire de l'Église Saint-Matthieu
L'église Saint-Matthieu, située au hameau des Terrasses sur la commune de La Grave (Hautes-Alpes), a été érigée au milieu du XIXe siècle grâce au mécénat d’Eugène Salomon, un négociant originaire du lieu. Son financement privé reflète l’influence des élites locales dans le patrimoine religieux de l’époque. L’édifice, de style néo-gothique, intègre des éléments inspirés des églises alpines du XVIe siècle, comme son porche en calcaire gris. Ses murs intérieurs, ornés de décors peints, et son vitrail nord (1863, atelier Lusson) témoignent d’une volonté esthétique marquée pour un lieu de culte rural.
La construction, achevée vers 1845, est attestée par une inscription gravée dans le sol mentionnant Carraud Laurent, maire en 1870. Ce détail suggère des travaux ou une inauguration officielle à cette date. L’église, propriété communale, a été inscrite aux Monuments Historiques en 1988 pour son intérêt architectural et historique. Son plan allongé à trois vaisseaux, voûté d’arêtes, et sa flèche en pierre illustrent les techniques constructives du XIXe siècle dans les Alpes du Sud.
Les matériaux utilisés, principalement du tuf calcaire extrait des tufières locales (vallon de la Buffe), soulignent l’ancrage géographique de l’édifice. Seuls les soubassements et les piliers du porche, en calcaire gris, contrastent avec cette pierre claire. La toiture à longs pans et la flèche en pierre complètent une silhouette caractéristique des églises alpines de cette période. Son classement protège l’intégralité du bâtiment, y compris ses éléments décoratifs intérieurs et son vitrail signée par un atelier parisien, preuve des échanges artistiques entre provinces et capitale.
L’église s’inscrit dans un mouvement plus large de restauration ou construction d’églises dans le canton durant la seconde moitié du XIXe siècle. Ces édifices, souvent financés par des dons privés ou des fonds municipaux, servaient à la fois de lieux de culte et de symboles de prospérité locale. À La Grave, comme ailleurs dans les Hautes-Alpes, ces bâtiments reflètent l’importance du catholicisme dans la vie communautaire, ainsi que l’adaptation des styles architecturaux nationaux (néo-gothique) aux traditions régionales.