Frise chronologique
vers 1140-1150
Sculpture du tympan roman
Sculpture du tympan roman
vers 1140-1150 (≈ 1145)
Représentation de la Parousie, influences mixtes.
1310-1317
Début reconstruction gothique
Début reconstruction gothique
1310-1317 (≈ 1314)
Financement par la ville et l’évêque.
1480
Église décrite comme « ruynée »
Église décrite comme « ruynée »
1480 (≈ 1480)
Nécessite réparations urgentes.
1511-1512
Création de la verrière
Création de la verrière
1511-1512 (≈ 1512)
Passion du Christ par Redon.
1521-1531
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1521-1531 (≈ 1526)
Plan octogonal avec tourelles.
26 juillet 1906
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
26 juillet 1906 (≈ 1906)
Protection de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Maur : classement par arrêté du 26 juillet 1906
Personnages clés
| Raymond II de Turenne - Vicomte de Turenne |
Acheta la vicomté de Brassac avant 1183. |
| Raymond IV de Turenne - Vicomte de Turenne |
Accorda une charte en 1219 *in ecclesia*. |
| Jean de Marc - Expert en construction |
Établit le devis des travaux en 1311. |
| Petit Jehan - Peyrier (tailleur de pierre) |
Dirigea les travaux du clocher en 1521. |
| Redon - Maître verrier |
Réalisa la verrière de la Passion (1511-1512). |
| Jehan Becquin - Peintre |
Décora voûtes et piliers en 1518. |
Origine et histoire
L’église Saint-Maur de Martel, située dans le Lot en Occitanie, trouve ses origines supposées dans une fondation bénédictine, comme le suggère son vocable. Bien que les premiers documents écrits mentionnant Martel datent du XIIe siècle, l’église romane primitive, antérieure au XIIIe siècle, conserve des vestiges notables : un tympan du milieu du XIIe siècle représentant la Seconde Parousie du Christ, inspiré des styles méridionaux et septentrionaux, ainsi que des modillons sculptés dans le transept sud. Ces éléments attestent d’une construction romane précoce, probablement liée à l’abbaye Sainte-Marie de Souillac, qui détenait la cure de Martel depuis le Xe ou XIe siècle.
La reconstruction gothique de l’église débute au XIVe siècle, financée par la ville et l’évêque. Dès 1310, des pourparlers sont engagés, et les travaux, documentés par des archives municipales, s’accélèrent après 1314. La nef est achevée rapidement, probablement avant 1345, date à laquelle le maître d’œuvre s’engage à terminer la chapelle Saint-Jacques en cinq mois. La guerre de Cent Ans interrompt partiellement les travaux, mais l’édifice, décrit comme « ruynée » en 1480, fait l’objet de réparations majeures entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, incluant la restauration des travées de la nef et l’ajout de vitraux, comme la verrière de la Passion (1511-1512).
Le clocher, reconstruit au XVIe siècle, illustre les adaptations architecturales de l’époque. Dirigé initialement par Petit Jehan, peyrier de Sarlat, sa construction connaît des modifications, comme l’adoption d’un plan octogonal et l’ajout de tourelles en 1526. Les archives révèlent des défis logistiques, tels que des pénuries de pierre de taille, résolus par des compromis techniques. Classée Monument Historique en 1906, l’église conserve également un mobilier remarquable, dont des tableaux des XIXe siècle et des objets liturgiques protégés.
Le tympan roman, daté vers 1140-1150, est un chef-d’œuvre sculptural mêlant influences locales et septentrionales, comme celles de la cathédrale de Chartres ou de l’abbatiale de Beaulieu-sur-Dordogne. Ses rinceaux perlés et ses motifs floraux, proches de ceux du cloître de Toulouse, témoignent d’un art roman abouti. La verrière du XVIe siècle, réalisée par le maître verrier Redon, et les peintures murales commandées à Jehan Becquin en 1518, soulignent la richesse artistique de l’édifice, reflet des mécénats urbains et religieux de l’époque.
L’histoire de l’église est indissociable de celle de Martel, ville marchande née au croisement de routes commerciales, dont celle du sel. Les vicomtes de Turenne, coseigneurs avec ceux de Brassac jusqu’en 1183, y jouent un rôle politique majeur, comme en témoignent les actes notariés dressés in ecclesia sancti Maurri au XIIIe siècle. Les conflits, comme la guerre de Cent Ans, et les aléas climatiques ont marqué son évolution, mais les campagnes de restauration des XVe et XVIe siècles ont permis sa préservation, faisant d’elle un symbole du patrimoine quercynois.