Origine et histoire de l'Église Saint-Maurice
L’église Saint-Maurice de Besançon, dédiée à saint Maurice, trouve ses origines au VIe siècle, avec une fondation attribuée à tort ou non à l’évêque Sylvestre. L’édifice, détruit et reconstruit à plusieurs reprises (VIIe, VIIIe, Xe siècles), subit une transformation majeure au XVIe siècle sous l’impulsion de Nicole Bonvalot et Nicolas Lulier, avant d’être rasé pour laisser place à l’actuelle église.
L’édifice actuel, de style jésuite, est érigé au début du XVIIIe siècle après la démolition du chœur médiéval en 1704. La première pierre est posée le 17 octobre 1704, et les travaux s’achèvent en 1714, avec une façade terminée en 1723. Pendant la Révolution, l’église est désaffectée, son mobilier vendu aux enchères en 1794, et le bâtiment lui-même aliéné en 1798 avant d’être racheté en 1802 par des particuliers, dont deux prêtres.
Au XIIIe siècle, Saint-Maurice devient l’une des huit paroisses intra-muros de Besançon, acquérant au XVIe siècle le statut de « grande paroisse », la plus prestigieuse de la ville malgré sa petite taille. Fréquentée par la famille Granvelle (dont Nicolas Perrenot, chancelier de Charles Quint), elle compte cinq prêtres en 1518. La paroisse est supprimée en 1791, et l’église, transformée en bien national, échappe de peu à la destruction.
Un épisode marquant du XVIIe siècle lie l’église à la Contre-Réforme : une croix, prétendument sauvée des protestants de Porrentruy, y était exposée le Dimanche des Rameaux. Ce symbole de résistance catholique illustre le rôle spirituel et politique de Saint-Maurice dans la Besançon d’Ancien Régime.
Classée monument historique le 13 janvier 1938, l’église incarne aujourd’hui le patrimoine baroque franc-comtois. Son clocher, situé à l’arrière du chœur (une particularité), et ses tribunes témoignent des innovations architecturales du XVIIIe siècle, tandis que sa façade, achevée tardivement, couronne un siècle de reconstructions.