Frise chronologique
1107
Donation à l'abbaye d'Ébreuil
Donation à l'abbaye d'Ébreuil
1107 (≈ 1107)
L'église est unie au prieuré Saint-Léger-de-Cognac.
XVIe siècle
Destruction pendant les guerres de Religion
Destruction pendant les guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Édifice ravagé lors des conflits confessionnels.
XVIIe siècle
Reconstruction de l'église
Reconstruction de l'église
XVIIe siècle (≈ 1750)
Rebâtie après les guerres de Religion.
XIXe siècle
Travaux majeurs (nef, chœur, portail)
Travaux majeurs (nef, chœur, portail)
XIXe siècle (≈ 1865)
Modernisation et rénovations structurelles.
5 décembre 1991
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
5 décembre 1991 (≈ 1991)
Protection partielle de l'édifice (hors sacristie).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, à l'exclusion de la sacristie (cad. C 167) : inscription par arrêté du 5 décembre 1991
Personnages clés
| Joseph Villiet - Maître-verrier |
Intervention sur les vitraux (période non précisée). |
| Eugène Caillaud - Maître-verrier |
Associé aux travaux sur vitraux. |
Origine et histoire
L’église Saint-Maurice de Salles-d’Angles trouve ses origines au Moyen Âge, avec une première construction d’inspiration romane. En 1107, elle est donnée à l’abbaye d’Ébreuil, qui l’intègre au prieuré Saint-Léger-de-Cognac. Ce lien monastique marque son importance religieuse et économique dans la région, typique des réseaux ecclésiastiques médiévaux où les abbayes contrôlaient des prieurés locaux pour étendre leur influence spirituelle et foncière.
Détruite pendant les guerres de Religion (XVIe siècle), symbole des tensions confessionnelles qui déchirèrent le Poitou-Charentes, l’église est reconstruite au XVIIe siècle. Ce renouveau architectural s’inscrit dans une période de reconstruction post-conflit, où les communautés locales restaurent leurs lieux de culte pour affirmer leur identité catholique après les ravages des guerres civiles. Les traces romanes initiales laissent place à un édifice remodelé, reflétant les styles et besoins liturgiques de l’époque moderne.
Au XIXe siècle, l’église subit d’importants travaux : charpente, corniche, voûtes et portail sont rénovés ou ajoutés, modernisant sa structure. Le portail en cintre brisé, surmonté d’un gâble et d’un oculus, ainsi que le clocher-porche voûté de croisées d’ogives, témoignent de cette phase de transformation. La nef et le chœur, datant de cette période, s’intègrent à un plan rectangulaire marqué par des contreforts, tandis qu’une chapelle latérale et une sacristie complètent l’ensemble. Ces aménagements répondent à la fois à des besoins pastoraux et à une volonté d’embellissement, caractéristique de l’ère industrielle où le patrimoine religieux devient un enjeu identitaire local.
L’édifice est partiellement protégé depuis 1991, avec une inscription aux Monuments Historiques excluant la sacristie. Ce statut souligne sa valeur patrimoniale, liée à son histoire mouvementée et à ses éléments architecturaux hybrides, mêlant roman, gothique tardif et ajouts du XIXe siècle. La présence de maîtres-verriers comme Joseph Villiet et Eugène Caillaud, bien que non datée précisément dans les sources, suggère des interventions sur les vitraux, typiques des restaurations ou embellissements de cette époque.
Aujourd’hui, l’église Saint-Maurice reste un symbole du patrimoine de Salles-d’Angles, illustrant les strates historiques de la Charente : des origines médiévales aux reconstructions d’Ancien Régime, en passant par les transformations du XIXe siècle. Son clocher-porche, ses modillons et ses colonnettes adossées rappellent les savoir-faire artisanaux locaux, tandis que son histoire reflète les bouleversements religieux et politiques qui ont marqué la région.