Frise chronologique
XIIe siècle
Fondation de l'église
Fondation de l'église
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef unique et abside polygonale.
Fin XIIIe siècle
Ajout des chapelles
Ajout des chapelles
Fin XIIIe siècle (≈ 1395)
Transept voûté d’ogives.
XIVe siècle
Portail et clocher-mur
Portail et clocher-mur
XIVe siècle (≈ 1450)
Bases octogonales typiques.
1822
Restauration par l’abbé Brassens
Restauration par l’abbé Brassens
1822 (≈ 1822)
Travaux majeurs et pierre tombale.
1845
Installation des cloches
Installation des cloches
1845 (≈ 1845)
Dans le clocher-mur.
16 décembre 2008
Classement monument historique
Classement monument historique
16 décembre 2008 (≈ 2008)
Inscription en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. B 1417) : inscription par arrêté du 16 décembre 2008
Personnages clés
| Saint Maurille - Évêque d’Angers (IVe–Ve siècle) |
Patron de l’église. |
| Simon de Brassens - Curé et restaurateur (début XIXe) |
Pierre tombale sous le porche. |
| Claude Fournier - Peintre et sculpteur bordelais |
Autel majeur (1692) et retable. |
| Charles Louis de Secondat, baron de Montesquieu - Seigneur local (1689–1755) |
Litre funéraire dans l’église. |
| Gustave Pierre Dagrant - Maître verrier (XIXe siècle) |
Vitraux de saint Maurille et saint Roch. |
| Pierre-Gaston Rigaud - Peintre post-impressionniste (1874–1952) |
Tableaux paroissiaux (1903). |
Origine et histoire
L'église Saint-Maurille, située à Saint-Morillon en Gironde, est dédiée à saint Maurille, évêque d’Angers et disciple de saint Martin de Tours. Fondée au XIIe siècle, elle apparaît dans les archives de l’archevêché au XIVe siècle sous le nom latin Sanctus Maurilius. À l’origine, elle comportait une nef unique terminée par une abside polygonale à sept pans, caractéristique de l’art roman. Deux chapelles voûtées d’ogives, formant un transept, furent ajoutées à la fin du XIIIe siècle, tandis qu’un portail occidental et un clocher-mur, aux bases octogonales typiques du XIVe siècle, complétèrent l’édifice. Un porche fut adjoint au XVIIIe siècle, et les chapelles furent prolongées en bas-côtés à la même époque.
Au XIXe siècle, l’abbé Simon de Brassens entreprit d’importants travaux de restauration en 1822, comme en témoigne sa pierre tombale sous le porche. Les cloches, datées de 1845, furent installées dans le clocher-mur, dont les baies abritaient autrefois un balcon en bois pour les sonneurs, aujourd’hui disparu. La sacristie et un cabinet d’aisance octogonal furent construits au nord-est de la chapelle, tandis qu’une fenêtre gothique fut percée pour éclairer l’armoire eucharistique du XVe siècle. L’édifice, marqué par des campagnes de décoration intérieure aux XIXe et XXe siècles, fut inscrit en totalité aux monuments historiques en 2008.
L’iconographie romane de l’église, notamment les modillons de la corniche absidale (fin XIIe–début XIIIe siècle), illustre des thèmes moralisateurs comme les péchés capitaux. À l’intérieur, le mobilier comprend un retable baroque italien (1828) dédié à saint Roch, patron invoqué contre la peste, ainsi qu’un autel majeur de Claude Fournier (1692), dont la Vierge à l’Enfant fut volée en 1975. La chapelle de la Vierge abrite des statues des XVe et XVIIIe siècles, tandis que des vitraux du XIXe siècle, signés Gustave Pierre Dagrant, représentent saint Maurille, saint Roch et Notre-Dame de Lourdes.
L’église conserve également des traces de la seigneurie de Montesquieu, dont les armoiries (1755) figurent sur un fragment de litre funéraire. Les fonts baptismaux du XIXe siècle et trois tableaux de l’artiste local Pierre-Gaston Rigaud (1903), illustrant la vie paroissiale, complètent ce patrimoine. Les décors peints du chœur, partiellement effacés au XXe siècle, et les sculptures des chapiteaux, dépourvues de narration historiée, témoignent des transformations esthétiques et liturgiques de l’édifice au fil des siècles.