Frise chronologique
930
Rattachement à Trèves
Rattachement à Trèves
930 (≈ 930)
Paroisse dépendante de l'abbaye Saint-Maximin.
XIIe siècle
Église primitive
Église primitive
XIIe siècle (≈ 1250)
Première construction rue Brûlée.
1493
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
1493 (≈ 1493)
Église reconstruite après le feu.
1755-1759
Construction actuelle
Construction actuelle
1755-1759 (≈ 1757)
Édifice bâti par Le Brun.
1870
Bombardements prussiens
Bombardements prussiens
1870 (≈ 1870)
Dégâts majeurs lors du siège.
1883
Reconsécration
Reconsécration
1883 (≈ 1883)
Restauration post-guerre et sacristie ajoutée.
1921
Fonte des cloches
Fonte des cloches
1921 (≈ 1921)
Six cloches par Farnier.
1969
Restauration de l'orgue
Restauration de l'orgue
1969 (≈ 1969)
Travaux d'Alfred Kern.
1984
Classement MH
Classement MH
1984 (≈ 1984)
Protection officielle.
2024
Nouvel autel
Nouvel autel
2024 (≈ 2024)
Consécration par l'évêque Ballot.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Maximin (cad. 5 56) : classement par arrêté du 16 juillet 1984
Personnages clés
| Le Brun - Architecte |
Auteur des plans (1756). |
| Cuny Meaux - Entrepreneur |
Construction de l'église (1755-1759). |
| Nicolas Geisler - Entrepreneur |
Construction de l'église (1755-1759). |
| Philippe Ballot - Évêque |
Consécration de l'autel (2024). |
| Alfred Kern - Facteur d'orgues |
Restauration de l'orgue (1969). |
| Georges Farnier - Fondeur de cloches |
Création de la sonnerie (1921). |
| Michel Chapuis - Expert en orgues |
Supervision de la restauration. |
| Marc Schaefer - Expert en orgues |
Supervision de la restauration. |
Origine et histoire
L'église Saint-Maximin de Thionville, située dans le département de la Moselle, est un édifice religieux catholique dont les origines remontent au XIIe siècle. Jusqu'en 1900, Thionville ne comptait qu'une seule paroisse, dépendante depuis 930 de l'abbaye Saint-Maximin de Trèves (Allemagne). L'église primitive, dédiée initialement à saint Paul et saint Eustache, fut reconstruite après l’incendie de 1493 qui ravagea la rue Brûlée. Les fouilles ultérieures révélèrent un chœur gothique à sept pans, typique de l’architecture médiévale lorraine.
Au XVIIIe siècle, face à l’insuffisance de capacité de l’édifice (ne pouvant accueillir qu’un sixième des paroissiens), la ville envisagea sa reconstruction. Après des négociations complexes avec l’abbé de Trèves, qui refusait initialement de financer les travaux, le projet de l’architecte messin Le Brun fut adopté en 1756. Les entrepreneurs Cuny Meaux et Nicolas Geisler menèrent les travaux entre 1755 et 1759, livrant une église-halle à trois vaisseaux, caractéristique des grandes églises lorraines de l’époque, mais marquée par une austérité adaptée à son statut d’église de place-forte (tours surmontées de terrasses, souterrains).
Consacrée en 1760, l’église subit d’importants dommages lors du siège prussien de 1870. Les bombardements nécessitèrent une restauration menée par l’architecte Laydecker et l’entrepreneur Pommay, suivie d’une reconsécration en 1883. Une sacristie cruciforme fut ajoutée dans l’axe du chevet, conçue par l’architecte Alexis Varin et exécutée par Mathias Zimmer en 1874. L’édifice, classé monument historique en 1984, abrite un orgue remarquable, restauré en 1969 par Alfred Kern, ainsi qu’une sonnerie de six cloches fondues en 1921 par la fonderie Farnier, dont le bourdon Maximinus (5 740 kg) est le plus imposant de la région.
Le mobilier liturgique inclut un autel consacré en 2024, renfermant les reliques de saint Maximin, sainte Claire, saint Eustache, saint Augustin et saint Bernard de Corleone. L’orgue, synthèse des traditions françaises et allemandes, compte 4 500 tuyaux et trois claviers. Son histoire reflète les évolutions techniques et esthétiques, depuis son origine au XVIe siècle jusqu’à sa restauration moderne, supervisée par des experts comme Michel Chapuis et Marc Schaefer.