Origine et histoire de l'Église Saint-Maximin
L'église Saint-Maximin de Thionville, située dans le département de la Moselle, est un édifice religieux catholique dont les origines remontent au XIIe siècle. Jusqu'en 1900, Thionville ne comptait qu'une seule paroisse, dépendante depuis 930 de l'abbaye Saint-Maximin de Trèves (Allemagne). L'église primitive, dédiée initialement à saint Paul et saint Eustache, fut reconstruite après l’incendie de 1493 qui ravagea la rue Brûlée. Les fouilles ultérieures révélèrent un chœur gothique à sept pans, typique de l’architecture médiévale lorraine.
Au XVIIIe siècle, face à l’insuffisance de capacité de l’édifice (ne pouvant accueillir qu’un sixième des paroissiens), la ville envisagea sa reconstruction. Après des négociations complexes avec l’abbé de Trèves, qui refusait initialement de financer les travaux, le projet de l’architecte messin Le Brun fut adopté en 1756. Les entrepreneurs Cuny Meaux et Nicolas Geisler menèrent les travaux entre 1755 et 1759, livrant une église-halle à trois vaisseaux, caractéristique des grandes églises lorraines de l’époque, mais marquée par une austérité adaptée à son statut d’église de place-forte (tours surmontées de terrasses, souterrains).
Consacrée en 1760, l’église subit d’importants dommages lors du siège prussien de 1870. Les bombardements nécessitèrent une restauration menée par l’architecte Laydecker et l’entrepreneur Pommay, suivie d’une reconsécration en 1883. Une sacristie cruciforme fut ajoutée dans l’axe du chevet, conçue par l’architecte Alexis Varin et exécutée par Mathias Zimmer en 1874. L’édifice, classé monument historique en 1984, abrite un orgue remarquable, restauré en 1969 par Alfred Kern, ainsi qu’une sonnerie de six cloches fondues en 1921 par la fonderie Farnier, dont le bourdon Maximinus (5 740 kg) est le plus imposant de la région.
Le mobilier liturgique inclut un autel consacré en 2024, renfermant les reliques de saint Maximin, sainte Claire, saint Eustache, saint Augustin et saint Bernard de Corleone. L’orgue, synthèse des traditions françaises et allemandes, compte 4 500 tuyaux et trois claviers. Son histoire reflète les évolutions techniques et esthétiques, depuis son origine au XVIe siècle jusqu’à sa restauration moderne, supervisée par des experts comme Michel Chapuis et Marc Schaefer.