Frise chronologique
VIe–VIIe siècle
Origines mérovingiennes
Origines mérovingiennes
VIe–VIIe siècle (≈ 750)
Cimetière chrétien et oratoire primitif attestés.
IXe siècle
Chapelle Saint-Médard
Chapelle Saint-Médard
IXe siècle (≈ 950)
Construction près de la Bièvre.
1163
Première mention écrite
Première mention écrite
1163 (≈ 1163)
Bulle papale d'Alexandre III.
1561
Tumulte de Saint-Médard
Tumulte de Saint-Médard
1561 (≈ 1561)
Saccage par les protestants.
1655
Paroisse autonome
Paroisse autonome
1655 (≈ 1655)
Rattachée à l'archevêque de Paris.
1732
Interdiction du cimetière
Interdiction du cimetière
1732 (≈ 1732)
Fin des rassemblements convulsionnaires.
1793–1795
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1793–1795 (≈ 1794)
Devenue *Temple du Travail*.
1906
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1906 (≈ 1906)
Protection de l'édifice et des orgues.
2023–2025
Restauration du Chemin de Croix
Restauration du Chemin de Croix
2023–2025 (≈ 2024)
Lauréat du Grand Prix Pèlerin.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Saint Médard de Noyon - Patron de l'église |
Évêque du VIe siècle, dédié. |
| François de Pâris - Diacre janséniste |
Tombe lieu de pèlerinage convulsionnaire. |
| Pierre Nicole - Théologien janséniste |
Inhumé dans l'église. |
| Sœur Rosalie Rendu - Religieuse caritative |
Béatifiée, active au XIXe siècle. |
| Charles-Joseph Natoire - Peintre du XVIIIe siècle |
Auteur d'une toile de l'église. |
| Simone Lorimy-Delarozière - Artiste du Chemin de Croix |
Peint en 1935–1936. |
Origine et histoire
L'église Saint-Médard, située au 141 rue Mouffetard dans le 5e arrondissement de Paris, est un édifice religieux dont la construction s'étend du XVe au XVIIIe siècle. Elle remplace une chapelle mérovingienne dédiée à saint Médard, attestée dès le IXe siècle près d'une voie romaine traversant la Bièvre. L'église actuelle, d'abord dépendante de l'abbaye Sainte-Geneviève, devient une paroisse autonome en 1655 sous l'autorité de l'archevêque de Paris. Son architecture reflète des influences gothiques, Renaissance et classiques, avec une nef du XVe siècle, un chœur des XVIe–XVIIe siècles et une chapelle axiale de la Vierge ajoutée en 1784.
Au XVIe siècle, les guerres de Religion interrompent sa construction : en 1561, le Tumulte de Saint-Médard oppose protestants et catholiques, entraînant le saccage de l'édifice. Au XVIIe siècle, la paroisse, proche de Port-Royal, attire des figures jansénistes comme Blaise Pascal, Pierre Nicole (inhumé dans l'église) et le diacre François de Pâris, dont la tombe devient, au XVIIIe siècle, un lieu de pèlerinage pour les convulsionnaires. En 1732, le roi interdit l'accès au cimetière après des rassemblements mystiques, marquant un épisode controversé de son histoire.
La Révolution ferme l'église en 1793, qui rouvre en 1795 sous le nom de Temple du Travail, partagée entre culte catholique, théophilanthropie et culte décadaire. Au XIXe siècle, des personnalités comme sœur Rosalie Rendu (béatifiée en 2003) y mènent des actions caritatives, tandis que l'édifice subit des transformations, dont la création du square Saint-Médard sur l'ancien cimetière. Classée Monument historique en 1906, l'église abrite un patrimoine artistique remarquable, dont un Chemin de Croix peint dans les années 1930 et des orgues classées depuis 1980.
Le XXIe siècle voit des restaurations majeures, comme celle du Chemin de Croix (2023–2025), financée par les Chantiers du Cardinal. Ce monument, propriété de la Ville de Paris depuis 1905, reste un lieu de culte actif et un témoignage des évolutions religieuses, architecturales et sociales de la capitale, de l'époque mérovingienne à nos jours.