Frise chronologique
1867
Acquisition du domaine par Vitali
Acquisition du domaine par Vitali
1867 (≈ 1867)
Début des modernisations à Vigny.
1888
Rénovation du château
Rénovation du château
1888 (≈ 1888)
Travaux dirigés par Cazaux.
1894-1896
Construction de l'église
Construction de l'église
1894-1896 (≈ 1895)
Remplacement de l'édifice médiéval.
18 novembre 2024
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 novembre 2024 (≈ 2024)
Protection intégrale du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L’église, en totalité, ainsi que son emmarchement, ses annexes et courettes, l’escalier d’accès à l’orangerie du château et ses grilles de clôture ; le tout situé place d’Amboise, tel que figuré sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 18 novembre 2024
Personnages clés
| Comte Philippe Vitali - Mécène et commanditaire |
Financeur de l'église et modernisateur. |
| Georges Tubeuf - Architecte lauréat |
Concepteur de l'église néo-gothique. |
| Cazaux - Architecte du château |
Responsable rénovation 1888. |
Origine et histoire
L’église Saint-Médard de Vigny, construite entre 1894 et 1896, remplace un édifice médiéval vétuste. Elle s’inscrit dans un projet de modernisation du village initié par le Comte Philippe Vitali, homme d’affaires vénitien d’origine grecque, qui acquiert le domaine en 1867. Ce mécène finance intégralement la reconstruction de l’église, ainsi que d’autres infrastructures communales, créant une harmonie architecturale entre le château (rénové par l’architecte Cazaux en 1888) et le centre-bourg. Le concours pour sa conception est remporté par Georges Tubeuf, architecte formé aux Beaux-Arts de Paris, dont cette réalisation reste l’une des rares connues.
L’église adopte un plan en croix latine traditionnel, avec un clocher-porche et un chevet polygonal, tandis que son couvrement en briques de ciment révèle une recherche d’économie. Son style néo-gothique, inspiré des modèles du XIIIe siècle, se distingue par une flèche élancée et un décor intérieur luxueux (vitraux, sculptures, luminaires), conçu comme un ensemble cohérent. Un escalier relie directement l’orangerie du château (XVIIe siècle) au chœur de l’église, symbolisant le lien privilégié entre le châtelain et le lieu de culte. Le presbytère médiéval est démoli pour aménager une place mettant en valeur la façade, selon une mise en scène urbaine voulue par Vitali.
Le programme iconographique et décoratif porte l’empreinte personnelle du Comte, modérant l’influence habituelle des pouvoirs publics. Les artistes responsables des vitraux et sculptures sont identifiés, ce qui est rare pour les églises de grande couronne. Classée Monument Historique en 2024, l’église inclut dans sa protection son emmarchement, ses annexes, et l’escalier menant à l’orangerie. Son unité stylistique avec le château, financée par un mécène privé, en fait un témoignage unique des dynamiques sociales et architecturales de la fin du XIXe siècle en Île-de-France.