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Frise chronologique
1506-1512
Construction de l’église
Construction de l’église
1506-1512 (≈ 1509)
Fondation par Hugues des Hazards, achèvement en 1512.
1517
Mort d’Hugues des Hazards
Mort d’Hugues des Hazards
1517 (≈ 1517)
Inhumation dans l’église qu’il fonda.
1734
Restauration par Pierson
Restauration par Pierson
1734 (≈ 1734)
Travaux menés par Nicolas Pierson, architecte prémontré.
1806
Dégâts dus à un ouragan
Dégâts dus à un ouragan
1806 (≈ 1806)
Toiture endommagée, restaurée en 1860.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection parmi les premiers monuments classés en France.
1908
Classement des vitraux
Classement des vitraux
1908 (≈ 1908)
Protection des verrières du XVIe siècle.
1914
Destruction partielle par tornade
Destruction partielle par tornade
1914 (≈ 1914)
Transept et vitraux détruits pendant la Première Guerre.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Hugues des Hazards - 74e évêque de Toul et fondateur |
Commanditaire de l’église, humaniste et mécène. |
| Jean Pèlerin (Le Viator) - Maître d’œuvre présumé |
Chanoine et architecte lié à la cathédrale. |
| Nicolas Pierson - Architecte restaurateur (1734) |
Religieux prémontré chargé des travaux. |
| Claude des Hazards - Frère d’Hugues, donateur |
Représenté dans un vitrail du transept. |
| Jean Adam Dingler - Facteur d’orgue (1731) |
Auteur de l’orgue transféré en 1793. |
Origine et histoire
L’église Saint-Médard de Blénod-lès-Toul, dédiée au culte catholique, fut construite entre 1506 et 1512 sous l’impulsion d’Hugues des Hazards, 74e évêque de Toul. Ce dernier, formé en Italie où il découvrit l’art Renaissance, souhaita remplacer un édifice vétuste par une église moderne, intégrant des éléments gothiques flamboyants et des innovations architecturales. L’inscription latine sur le portail atteste de sa consécration en 1512, sous le vocable de saint Médard, et de son rôle de lieu d’initiation chrétienne pour Hugues des Hazards dans sa jeunesse.
Le monument, de type église-halle, se distingue par sa nef à collatéraux de hauteur quasi identique, son transept saillant et son chœur à abside pentagonale. Le voûtement, orné de clefs armoriées de l’évêque, combine ogives simples et nervures supplémentaires, tandis que l’éclairage provient de fenêtres à lancettes et d’une rosace occidentale. Le portail Renaissance et le tombeau monumental d’Hugues des Hazards – un chef-d’œuvre mêlant statuaire gothique et décor Renaissance – témoignent de l’influence artistique italienne et de la volonté mémorielle du prélat.
L’histoire de l’église est marquée par des restaurations majeures : en 1734 par l’architecte Nicolas Pierson, après des dégâts causés par un ouragan en 1806, puis en 1860 pour la toiture. Une tornade en 1914 détruisit partiellement le transept et des vitraux du XVIe siècle, en verre vénitien, dont il ne reste que la moitié du programme initial. Ces verrières, classées en 1908, représentent des scènes religieuses et des donateurs, comme la famille des Hazards ou des chanoines locaux.
Classée monument historique dès 1862, l’église abrite également un orgue du XVIIIe siècle, transféré de l’abbaye Saint-Léon de Toul en 1793, et une tribune installée en 1738. Son tombeau, classé avec l’édifice, illustre la devise de l’évêque – NASCI LABORARE MORI – et pourrait être l’œuvre de Jean Pèlerin, maître d’œuvre de la cathédrale de Toul, également associé à la conception de l’église.
Les vitraux anciens, bien que partiellement perdus, offrent un aperçu de la piété et des réseaux sociaux de l’époque : confréries locales (comme celle de saint Nicolas), familles nobles, et clergé. Leur iconographie, centrée sur des saints patrons et des scènes bibliques, reflète les priorités spirituelles et culturelles de la Lorraine du XVIe siècle.
Enfin, l’église Saint-Médard incarne la synthèse entre tradition gothique lorraine et innovations renaissantes, portée par un prélat humaniste. Son classement précoce et ses restaurations successives soulignent son importance patrimoniale, tant pour l’histoire religieuse que pour l’évolution architecturale en Grand Est.