Frise chronologique
XIIe siècle (1ère moitié)
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (1ère moitié) (≈ 1250)
Édifice roman et mur sud actuel.
XIIe siècle (2ème moitié)
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
XIIe siècle (2ème moitié) (≈ 1250)
Chœur roman et décors sculptés.
XIIIe-XIVe siècle
Façade occidentale
Façade occidentale
XIIIe-XIVe siècle (≈ 1450)
Arcs brisés et arcatures aveugles.
Fin du Moyen Âge (XVe siècle ?)
Élargissement du chœur
Élargissement du chœur
Fin du Moyen Âge (XVe siècle ?) (≈ 1595)
Doublement de la nef, travaux inachevés.
XVIe siècle
Fortifications et remaniements
Fortifications et remaniements
XVIe siècle (≈ 1650)
Mâchicoulis et mur nord reconstruit.
1748
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1748 (≈ 1748)
Date portée sur la façade.
1666 et 1867
Cloches en bronze
Cloches en bronze
1666 et 1867 (≈ 1867)
Dates gravées sur les cloches.
1925
Classement monument historique
Classement monument historique
1925 (≈ 1925)
Inscription totale par arrêté.
1982
Redécouverte des sculptures
Redécouverte des sculptures
1982 (≈ 1982)
Fenêtre axiale et chapiteaux mis au jour.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 21 décembre 1925
Personnages clés
| Gavaches - Nouveaux habitants (XVe siècle ?) |
Installation post-guerre de Cent Ans. |
| Moines de Sainte-Croix de Bordeaux - Propriétaires initiaux |
Prieuré dépendant de leur abbaye. |
Origine et histoire
L'église Saint-Médard de Montignac, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice religieux d'origine romane construit au XIIe siècle. À l'origine prieuré dépendant de l'abbaye Sainte-Croix de Bordeaux, elle conserve de cette période son mur sud et deux fenêtres étroites. Le chœur roman, reconstruit dans la seconde moitié du XIIe siècle, présente des décors sculptés remarquables, dont une fenêtre axiale ornée de chapiteaux moralisateurs : une scène grivoise mettant en garde contre la fornication, et une représentation d'oiseaux buvant dans un calice, symbole ambigu d'eucharistie ou de sacrilège.
Au fil des siècles, l'église subit plusieurs transformations majeures. Au XIIIe ou XIVe siècle, sa façade occidentale est dotée d'arcs brisés et d'arcatures aveugles. À la fin du Moyen Âge, probablement en réponse à l'afflux de nouveaux habitants (les Gavaches) après la guerre de Cent Ans, le chœur est élargi vers le nord, bien que les travaux restent inachevés faute de moyens. Des vestiges de fortifications, comme des corbeaux supportant des bretèches, datent des guerres de Religion (XVIe siècle). La sacristie, postérieure à 1691, et le clocher, reconstruit au XVIIe siècle, complètent ces ajouts, tandis qu'une restauration du portail intervient au XXe siècle.
L'iconographie romane de l'église, redécouverte en 1982, révèle un programme sculptural destinées aux clercs. Le chapiteau sud de la fenêtre axiale, avec ses oiseaux à longs becs buvant dans un calice, illustre une mise en garde contre l'eucharistie sacrilège, jouant sur le double sens latin de caulis (tige ou phallus). Le chapiteau nord, représentant une femme nue et un serpent, rappelle les dangers de la luxure. Ces sculptures, typiques de l'art aquitain, soulignent le rôle pédagogique et moralisateur de l'église au Moyen Âge.
Classée monument historique en 1925, l'église Saint-Médard incarne les évolutions architecturales et sociales de la Gironde, des reconstructions médiévales aux conflits religieux. Son état actuel mêle éléments romans primitifs, ajouts gothiques, et traces des fortifications protestantes, offrant un témoignage tangible des bouleversements ayant marqué la région entre le XIIe et le XVIIe siècle.