Origine et histoire de l'Église Saint-Médard
L'église Saint-Médard, située à Saint-Médard-en-Jalles en Gironde, trouve ses origines au XIe siècle, bien que sa structure actuelle reflète surtout des remaniements des XIIe, XIIIe, XVe et XIXe siècles. De l'édifice roman primitif, seule une absidiole subsiste, tandis que le chevet, composé d'une abside principale et de chapelles latérales, témoigne d'ajouts successifs. Le clocher carré, daté du XIVe siècle, est surmonté d'un escalier hélicoïdal extérieur. L'église, dissymétrique, présente deux nefs séparées par des arches, dont une travée du XIXe siècle a remplacé l'ancien portail ouest. Son portail sud néoroman, orné de chapiteaux sculptés et d'un fronton représentant les signes du zodiaque, date du Second Empire.
Le site religieux est attesté dès l'époque mérovingienne (VIe-VIIe siècles), comme en témoignent les sépultures découvertes en 1973 et 1987. Saint Médard (458-545), évêque de Soissons dont le culte s'est répandu dans le sud-ouest au VIIe siècle, donne son nom à l'édifice. L'absidiole sud et la travée sous clocher, dernières traces du XIIe siècle, ont été classées Monuments Historiques en 1925. Les vitraux, datant des XIXe et XXe siècles, illustrent des scènes bibliques (baptême du Christ, sainte Thérèse) et des saints locaux (saint Médard, sainte Cécile).
Au XIXe siècle, d'importantes restaurations ont transformé l'église, notamment la destruction du portail ouest pour agrandir la nef, et l'ajout d'un autel, d'un ambon et d'un tabernacle décorés de bas-reliefs en terre cuite réalisés par des enfants dans les années 1990. Le clocher abrite deux cloches de bronze de 1872, remplaçant une cloche fendue en 1871, datant de 1605 et parrainée par des notables locaux. L'ancien cimetière, autrefois adjacent à l'église, a disparu avec l'élargissement de la grand-rue.
L'architecture mêle ainsi des éléments romans (abside en cul-de-four, chapiteaux), gothiques (voûtes d'ogives de la chapelle Saint-Jean) et néoclassiques (portail sud). La présence historique d'une poudrerie voisine a contraint les constructeurs à laisser les nefs non voûtées, à l'exception de la travée sous clocher. Le site, propriété communale, reste un témoignage des évolutions architecturales et cultuelles de la région depuis le Moyen Âge.