Frise chronologique
988
Première mention écrite
Première mention écrite
988 (≈ 988)
Donation de la comtesse Aldegarde d'Angoulême
1158
Destruction partielle
Destruction partielle
1158 (≈ 1158)
Prise de Thouars par Henri II Plantagenêt
1170–1180
Reconstruction
Reconstruction
1170–1180 (≈ 1175)
Financée par Henri II Plantagenêt
1480
Chapelle des Trois Maries
Chapelle des Trois Maries
1480 (≈ 1480)
Construction de la chapelle latérale
1510
Chapelle Saint-Louis
Chapelle Saint-Louis
1510 (≈ 1510)
Édifiée par Gabrielle de Bourbon
1866
Destruction des échoppes
Destruction des échoppes
1866 (≈ 1866)
Commerces adossés au portail depuis le XVIe
9 juillet 1909
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 juillet 1909 (≈ 1909)
Protection officielle de l'édifice
1920
Achèvement de la toiture
Achèvement de la toiture
1920 (≈ 1920)
Fin des travaux post-restauration
1944
Destruction des vitraux
Destruction des vitraux
1944 (≈ 1944)
Bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale
1993–2005
Rénovations modernes
Rénovations modernes
1993–2005 (≈ 1999)
Biominéralisation et vitraux contemporains
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Médard : classement par arrêté du 9 juillet 1909
Personnages clés
| Aldegarde d'Angoulême - Comtesse donatrice |
Première mention de l’église en 988 |
| Henri II Plantagenêt - Roi d’Angleterre |
Détruit puis reconstruit l’église (1158–1180) |
| Pereginus - Curé mentionné |
Présent en l’an 1100 |
| Thibaut de Saint-Médard - Religieux |
Associé à l’église au XIIe siècle |
| Gabrielle de Bourbon - Commanditaire |
Fonde la chapelle Saint-Louis en 1510 |
| Daviaud - Architecte |
Dirige les restaurations du XIXe siècle |
Origine et histoire
L'église Saint-Médard, surnommée Saint-Médard-des-Champs, trouve ses origines au Xe siècle, bien que sa première mention écrite date de 988 via une donation de la comtesse Aldegarde d'Angoulême. Initialement située hors des murailles de Thouars, elle servait de paroisse aux habitants des hameaux environnants. En 1158, l'édifice est partiellement détruit lors de la prise de la ville par Henri II Plantagenêt, qui finance sa reconstruction entre 1170 et 1180. Seuls subsistent aujourd’hui des éléments des XIIe siècle : les portails nord et ouest, ainsi que des parties basses des murs latéraux.
Aux XVe et XVIe siècles, l’église subit d’importants remaniements : les trois nefs sont fusionnées en un espace central unique, des rosaces et deux chapelles (dont celle des Trois Maries, édifiée en 1480) sont ajoutées, et le clocher carré est construit. Au XVIe siècle, des échoppes de commerçants (dont des poissonniers) s’adossent au portail, endommageant l’édifice jusqu’à leur destruction en 1866. Le cimetière attitré, source de profanations, est réduit en 1691 puis abandonné en 1747.
Le XIXe siècle marque un renouveau avec un programme de restauration dirigé par l’architecte Daviaud (1870). Classée Monument Historique en 1909, l’église voit sa toiture achevée en 1920, mais la flèche prévue pour le clocher ne sera jamais installée. Au XXe siècle, des rénovations (biominéralisation, vitraux contemporains remplaçant ceux détruits en 1944) préservent l’édifice, dont aucun vitrail d’origine ne subsiste.
Architecturalement, Saint-Médard illustre le style roman poitevin, avec une façade comparable à celle de l’abbatiale de Saint-Jouin-de-Marnes. Son portail ouest, richement sculpté (Douze Apôtres, Ascension du Christ), et son portail nord à arc polylobé mozarabe en font un témoignage hybride des influences médiévales. Les chapelles latérales (Saint-Louis, édifiée en 1510 par Gabrielle de Bourbon) et les contreforts du XVe siècle complètent cet ensemble.
Les fouilles ont révélé des traces d’occupation dès le IXe siècle (monnaies de Louis le Pieux dans des sarcophages), mais sans lien avéré avec l’église. Sous l’autorité de l’abbaye de Saint-Jean de Bonneval (confirmée par une bulle pontificale de 1169), elle incarne l’histoire religieuse et urbaine de Thouars, entre destructions, reconstructions et adaptations aux besoins communautaires.