Origine et histoire
L'église Saint-Médard de Villers-Saint-Frambourg, située dans l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice catholique paroissial dont les origines remontent au 4e quart du XIIe siècle. Son clocher roman, daté des années 1170-1180, est caractéristique du Valois avec sa flèche octogonale en pierre et ses pyramidons d'angle. Ce clocher, partie la plus ancienne, est intégré dans les constructions ultérieures, témoignant d’une première église romane bâtie lors de l'érection du village en paroisse. La base du clocher, initialement située à l’intersection de la nef et du chœur, révèle une absence d’arcades latérales, indiquant l’absence de transept dans le plan primitif.
Le chœur et ses deux chapelles latérales, dédiées à la Vierge et à saint Médard, résultent de trois campagnes de construction rapprochées durant la seconde moitié du XIIIe siècle, marquant une transition vers le style gothique rayonnant. Bien que des réparations au XVIe siècle aient simplifié certains éléments, comme les doubleaux et les voûtes, le chevet conserve une homogénéité apparente. La nef et ses bas-côtés, entièrement reconstruits au milieu du XVIe siècle, affichent un style gothique flamboyant, avec des grandes arcades prismatiques et des clés de voûte pendantes, tandis que les arcades nord adoptent un style Renaissance tardif. L’édifice, classé monument historique en totalité depuis 2004 (après un premier classement partiel du chœur et du clocher en 1913), illustre la richesse architecturale d’une église rurale discrète.
Sous l’Ancien Régime, la seigneurie et la cure de Villers-Saint-Frambourg appartenaient au chapitre de la collégiale Saint-Frambourg de Senlis, comme en témoigne le nom du village. L’église, dédiée à saint Médard, premier évêque de Noyon, a connu une vie paroissiale active jusqu’en 2014, avec des messes quotidiennes célébrées par le père Joseph Kuchcinski, dernier curé résident. Ce dernier, installé dans les années 1960, a marqué la fin d’une époque pour cette petite paroisse rurale, rattachée depuis 1996 à la paroisse Saint-Rieul de Senlis. L’édifice, restauré et bien entretenu, reste un exemple remarquable de l’évolution architecturale et liturgique des églises rurales du Valois.
L’intérieur de l’église révèle une nef spacieuse et lumineuse, malgré l’absence d’éclairage direct, grâce à des bas-côtés largement ouverts et des fenêtres ébrasées. Le chœur, voûté plus bas que la nef, conserve des chapiteaux sculptés de feuillages et de crochets, partiellement polychromes, tandis que les chapelles latérales présentent des ogives aux profils variés, reflétant les différentes campagnes de construction. La chapelle Saint-Médard, plus petite, abrite un autel dédié au saint patron, et la chapelle de la Vierge, au nord, se distingue par ses stalles et son lambris néogothique. L’ensemble, bien que marqué par des remaniements, offre une unité visuelle et une richesse décorative surprenante pour une église rurale.
Extérieurement, l’église présente une sobriété contrastant avec la richesse intérieure. Le clocher roman, avec ses baies plein cintre et sa flèche octogonale, domine un chœur gothique aux contreforts épurés et aux fenêtres en arc brisé. La nef, construite en moellons avec des chaînages de pierre, affiche deux portails en plein cintre, ornés de pilastres ioniques et de niches baroques, annonçant une transition stylistique. Les toitures, bien que complexes, masquent partiellement cette diversité, tandis que le passage du Choléra, ancienne fosse commune, permet de faire le tour de l’édifice. Classée monument historique, l’église Saint-Médard reste un témoignage précieux de l’art religieux en Picardie, alliant simplicité rurale et sophistication architecturale.