Frise chronologique
1149-1157
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1149-1157 (≈ 1153)
Donation à l’abbaye Saint-Melaine de Rennes par Guyomarc’h III.
6 juillet 1489
Début des travaux
Début des travaux
6 juillet 1489 (≈ 1489)
Construction du porche sud, inscription gravée.
1511-1516
Construction de la tour
Construction de la tour
1511-1516 (≈ 1514)
Dirigée par Philippe Beaumanoir.
1574
Achèvement de la tour
Achèvement de la tour
1574 (≈ 1574)
Dôme Renaissance en plomb ajouté.
1879
Remplacement du dôme
Remplacement du dôme
1879 (≈ 1879)
Flèche en bois et zinc installée.
27 mars 1914
Classement monument historique
Classement monument historique
27 mars 1914 (≈ 1914)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. BK 107) : classement par arrêté du 27 mars 1914
Personnages clés
| Guyomarc’h III - Vicomte de Léon |
Donateur de la chapelle en 1149-1157. |
| Hervé II - Vicomte de Léon |
Confirme la donation en 1154. |
| Beaumanoir le Vieil - Tailleur de pierre |
Participe à la construction en 1490. |
| Philippe Beaumanoir - Maître d’œuvre |
Dirige la tour (1511-1516). |
| Nicolas Coetanlem - Donateur |
Mentionne l’église dans son testament. |
| Lozesh - Peintre |
Décore le porche en 1610-1611. |
Origine et histoire
L’église Saint-Mélaine de Morlaix trouve ses origines dans une chapelle du XIIe siècle, la chapelle Sainte-Marie, initialement rattachée à la paroisse de Ploujean. En 1149-1157, Guyomarc’h III, vicomte de Léon, puis son fils Hervé II en 1154, cèdent ce lieu à l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, fondant ainsi un prieuré. La chapelle devient alors l’église prieurale Sainte-Marie, puis Notre-Dame, avant d’être sécularisée et érigée en église paroissiale sous le nom de Saint-Mélaine. On ignore la date exacte de cette transition, mais son rôle central dans la vie religieuse locale est attesté dès le Moyen Âge central.
Au XVe siècle, face à l’accroissement démographique de Morlaix, les paroissiens jugent l’église trop exiguë et vétuste. Ils décident de la reconstruire entièrement sans interrompre le culte, financée par une « taille d’église » imposée à tous et des dons de bourgeois aisés. Les travaux débutent le 6 juillet 1489 par le porche sud, comme l’atteste une inscription gravée par des anges sculptés : « L'an mil quatre cents quatre vingt neuf fut comancée ceste eglise de par Dieu ». La famille Beaumanoir, tailleur de pierre renommé, joue un rôle clé : Beaumanoir le Vieil, Étienne, et Beaumanoir le Jeune y participent dès 1490, tandis que Philippe Beaumanoir dirige la construction de la tour entre 1511 et 1516.
La tour, couverte d’un dôme Renaissance en plomb surmonté d’un lanternon, n’est achevée qu’en 1574, après l’installation d’une horloge en 1564. Au XVIIe siècle, le porche sud et son tympan intérieur sont ornés de peintures par Lozesh (1610-1611). Sous la Révolution, l’église est fermée au culte et convertie en magasin aux vivres, avant d’être rétablie comme paroisse en 1856. En 1879, le dôme Renaissance est remplacé par une flèche en bois recouverte de zinc. Endommagée lors d’un bombardement en 1943, elle est partiellement reconstruite, avec l’ajout d’une sacristie agrandie.
L’édifice, classé monument historique en 1914, illustre l’architecture gothique bretonne, avec ses trois nefs voûtées de bois et son porche sud orné. Son histoire reflète les bouleversements religieux, politiques et sociaux de Morlaix, des donations médiévales aux restaurations modernes, en passant par les conflits du XXe siècle. La famille Beaumanoir, figure majeure de sa construction, y laisse une empreinte durable, tandis que des testaments, comme celui de Nicolas Coetanlem, témoignent de son importance dans la mémoire locale.
Aujourd’hui, l’église Saint-Mélaine reste un symbole du patrimoine religieux finistérien, mêlant héritage médiéval, Renaissance et adaptations contemporaines. Son classement et sa préservation soulignent sa valeur historique et architecturale, tout en rappelant son rôle central dans la vie communautaire morlaisienne depuis près de neuf siècles.