Frise chronologique
Xe siècle
Construction de la crypte
Construction de la crypte
Xe siècle (≈ 1050)
Crypte romane sous le chœur, financée peut-être par Juhel Beranger.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection de la crypte dite de Saint-Mélar.
1902
Destruction de l'église romane
Destruction de l'église romane
1902 (≈ 1902)
Édifice remplacé en 1904 par une reconstruction néo-romane.
1904
Reconstruction de l'église
Reconstruction de l'église
1904 (≈ 1904)
Plans de l’architecte Ernest Le Guerrannic, réemploi du portail médiéval.
1967
Fin des inondations printanières
Fin des inondations printanières
1967 (≈ 1967)
Installation du tout-à-l’égout, résolution des problèmes hydrauliques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Crypte dite de Saint-Mélar (cad. AB 134) : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saint Mélar - Martyr et héritier légendaire |
Dédicataire de l’église, lié aux reliques et à la fontaine. |
| Juhel Beranger - Comte de Rennes (Xe siècle) |
A tenu sa cour à Lanmeur, mécénat hypothétique. |
| Ernest Le Guerrannic - Architecte (1904) |
A conçu la reconstruction néo-romane de l’église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Mélar de Lanmeur, en Finistère, est dédiée à saint Mélar, héritier légitime du trône de Cornouaille selon la légende, assassiné par son oncle Rivod. Son histoire remonte au Xe siècle, lorsque Juhel Beranger, comte de Rennes, tint sa cour à Lanmeur, période où la construction de la crypte et de l’église primitive pourrait avoir été financée, bien que ce mécénat reste hypothétique. L’édifice conservait des éléments romans jusqu’à sa destruction en 1902, notamment une partie de la nef et une abside occidentale, remplacée aujourd’hui par un chevet plat. La reconstruction de 1904, menée par l’architecte Ernest Le Guerrannic, a préservé des éléments anciens comme la crypte romane et le portail méridional du XIIe-XIIIe siècle, remarquable pour sa porte pentagonale et ses chapiteaux sculptés.
La crypte, datée du Xe-XIe siècle, est un rectangle de 8,78 m sur 5,07 m divisé en trois vaisseaux par des colonnes monolithes reliées par des arcs surbaissés. Elle est célèbre pour ses deux colonnes ornées de motifs végétaux en ronde-bosse, interprétés comme des vignes, des algues ou des serpents, symboles possibles liés au martyre de saint Mélar. Ces colonnes, visibles depuis l’extérieur par des fenestrellae aujourd’hui bouchées, attiraient les pèlerins venus vénérer les reliques du saint. La crypte, régulièrement inondée jusqu’en 1967, abritait aussi une fontaine dite « miraculeuse », associée à des légendes locales et à un réseau de drainage médiéval.
L’église actuelle, de plan en croix latine, intègre des éléments des XIe, XVIIIe et XXe siècles. Le clocher, datant du XVIIIe siècle, est surmonté d’une flèche octogonale encadrée de lanternons. Classée monument historique en 1862, la crypte reste le cœur patrimonial du site, témoignant des remaniements successifs et des croyances populaires liées à saint Mélar. Les fouilles ont révélé des traces d’un édifice antérieur, peut-être du VIe siècle, confirmant l’ancienne vocation religieuse du lieu.
Le portail méridional, réemployé dans la reconstruction de 1904, est un vestige médiéval clé. Son arc de plein cintre, orné de chapiteaux sculptés, et sa porte pentagonale atypique, attestent de l’influence romane. Ce portail, initialement situé dans un porche aujourd’hui disparu, illustre les transitions architecturales du site. Les modifications ultérieures, comme le bassin du XVIIe siècle pour gérer les infiltrations, reflètent les adaptations constantes de l’édifice à son environnement humide.
La légende de saint Mélar, associée à la fontaine et aux reliques, a nourri une vénération locale durable. Les pèlerins affluaient pour voir les reliques à travers les fenestrellae, avant que la crypte ne soit enterrée. Les motifs des colonnes, comparés à des enluminures médiévales comme celles de la tapisserie de Bayeux, soulignent le lien entre art roman et symbolisme chrétien. Aujourd’hui, l’église et sa crypte incarnent à la fois un patrimoine architectural et une mémoire légendaire bretonne.