Frise chronologique
Vers l'an 1000
Fondation de l'abbaye bénédictine
Fondation de l'abbaye bénédictine
Vers l'an 1000 (≈ 50)
Charte attestant l'existence du couvent.
XIe siècle
Construction du narthex et de la nef
Construction du narthex et de la nef
XIe siècle (≈ 1150)
Parties les plus anciennes conservées.
2e quart du XIIe siècle
Modification du chevet
Modification du chevet
2e quart du XIIe siècle (≈ 1237)
Programme raffiné inspiré de Souvigny.
XIIIe siècle
Construction du clocher et portails
Construction du clocher et portails
XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout d'oculus et baies au transept.
Fin XVe siècle
Modernisation par l'abbesse Madeleine d'Amboise
Modernisation par l'abbesse Madeleine d'Amboise
Fin XVe siècle (≈ 1595)
Voûtement gothique et fenêtres percées.
1789-1799
Profanation révolutionnaire
Profanation révolutionnaire
1789-1799 (≈ 1794)
Destruction partielle et effondrement ultérieur.
1806
Chute de la flèche du clocher
Chute de la flèche du clocher
1806 (≈ 1806)
Flèche octogonale en pierre détruite.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Première liste de Prosper Mérimée.
XIXe siècle
Restaurations controversées
Restaurations controversées
XIXe siècle (≈ 1865)
Sauvetage des voûtes et murs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Menou - Évêque breton et saint local |
Tombeau destination des pèlerins médiéval. |
| Madeleine d'Amboise - Abbesse (fin XVe siècle) |
Modernisa nef et chapelles en style gothique. |
| Marie-Gabrielle du Boulay-Favier - Abbesse (XVIIe siècle) |
Transforma chœur et installa sacristie. |
| Prosper Mérimée - Inspecteur des Monuments historiques |
Classa l'église en 1840 pour la sauver. |
Origine et histoire
L'église romane de Saint-Menoux, située dans l'Allier en Auvergne-Rhône-Alpes, s'inscrit dans le patrimoine religieux du Bourbonnais. Fondée au XIe siècle comme partie d’un couvent de bénédictines, elle accueillait les pèlerins venus vénérer les reliques de saint Menou, évêque breton mort dans le bourg antique de Mailly (rebaptisé Saint-Menoux en son honneur). Les abbesses, protégées par les ducs de Bourbon, y organisèrent foires et marchés, favorisant l’essor du village autour de l’abbaye.
À la Révolution, l’église fut profanée par le maire local et des vandales, qui saccagèrent les tombeaux des abbesses. Arrêté peu après, le maire laissa l’édifice en ruine. Sauvée in extremis par Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques, l’église fut classée dès 1840 sur sa première liste, permettant sa restauration. Son architecture mêle un narthex du Xe siècle (plus ancienne partie), un chœur roman bourguignon orné de chapiteaux corinthiens, et un chevet inspirée des églises auvergnates. La nef, reconstruite à l’époque gothique, conservait cependant ces éléments roman.
Le monument abrite un objet unique : la débredinoire, sarcophage de saint Menou percé d’un trou où les fidèles passaient la tête pour guérir de la « bredinerie » (simplicité d’esprit, en dialecte bourbonnais). Symbole du syncrétisme populaire et religieux, cette pratique illustre l’importance locale du culte au saint. Les restaurations du XIXe siècle, bien que controversées pour leurs libertés avec l’état originel, évitèrent l’effondrement des voûtes et des murs, tout en transformant le narthex en musée lapidaire.
Les influences architecturales de l’église reflètent son histoire mouvementée. Le roman bourguignon domine dans le chœur (pilastres cannelés, chapiteaux à figures monstrueuses du XIe siècle), tandis que le chevet évoque les modèles auvergnats par son étagement des toitures. Le clocher, datant du XIIIe siècle, perdit sa flèche de pierre lors de la Révolution. Les modifications ultérieures — comme la sacristie installée dans le déambulatoire au XVIIe siècle ou les badigeonnages blancs couvrant les polychromies médiévales — témoignent des adaptations successives aux usages liturgiques et aux goûts de chaque époque.
Classée parmi les premières en France (1840), l’église Saint-Menoux incarne à la fois un haut lieu de pèlerinage médiéval, un enjeu patrimonial du XIXe siècle, et un exemple remarquable de l’art roman régional. Son histoire croisée avec celle des bénédictines, des ducs de Bourbon, et des villageois en fait un monument clé pour comprendre les dynamiques religieuses, économiques et sociales du Bourbonnais.