Frise chronologique
Vers 520
Ensevelissement de saint Mesmin
Ensevelissement de saint Mesmin
Vers 520 (≈ 520)
Sépulture dans la grotte sous l’église.
Vers 550
Construction de la basilique funéraire
Construction de la basilique funéraire
Vers 550 (≈ 550)
Première église au-dessus du tombeau.
IXe-Xe siècles
Destruction par les Normands
Destruction par les Normands
IXe-Xe siècles (≈ 1050)
Première église ruinée lors des invasions.
1116
Bulle pontificale de Pascal II
Bulle pontificale de Pascal II
1116 (≈ 1116)
Confirmation de rattachement à l’abbaye de Micy.
XIe-XIIe siècles
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
XIe-XIIe siècles (≈ 1250)
Édifice préroman encore debout aujourd’hui.
XVe siècle
Réparations après la Guerre de Cent Ans
Réparations après la Guerre de Cent Ans
XVe siècle (≈ 1550)
Financées par le duc Charles d’Orléans.
1562
Incendie pendant les guerres de Religion
Incendie pendant les guerres de Religion
1562 (≈ 1562)
Église et grotte profanées.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Protection officielle de l’édifice.
1873
Surélévation du clocher
Surélévation du clocher
1873 (≈ 1873)
Ajout d’une flèche après souscription publique.
1897
Installation de l’orgue
Installation de l’orgue
1897 (≈ 1897)
Œuvre de Charles Anneessens, toujours en fonction.
1944
Destruction partielle des vitraux
Destruction partielle des vitraux
1944 (≈ 1944)
Bombardement allié pendant la Seconde Guerre mondiale.
2012-2018
Restauration complète
Restauration complète
2012-2018 (≈ 2015)
Travaux intérieurs et extérieurs financés par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Saint Mesmin (Maximin de Micy) - Moine et fondateur de monastère |
Terrassa le dragon, enterré dans la grotte. |
| Charles d’Orléans - Duc et mécène |
Finança les réparations au XVe siècle. |
| Pascal II - Pape (1099-1118) |
Confirma le rattachement à Micy en 1116. |
| Aimée Gramain - Donatrice de l’orgue |
Offrit l’orgue Anneessens en 1897. |
| François-Henri Houbart - Expert en orgues |
Conseilla la restauration de l’orgue en 1978. |
| Marie-Claire Alain - Organiste renommée |
Inaugura l’orgue restauré en 1979. |
| Curé Delahaye - Prêtre résistant (fin XIXe-début XXe) |
Opposé à la loi de 1905. |
Origine et histoire
L’église Saint-Mesmin, de style préroman, fut édifiée aux XIe et XIIe siècles à La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret. Elle surplombe la Loire et la grotte du dragon de Béraire, lieu légendaire où saint Mesmin, moine du VIe siècle, aurait terrassé un dragon symbolisant le mal. Ce site, initialement occupé par une villa gallo-romaine, devint un lieu de pèlerinage après l’ensevelissement de saint Mesmin dans la grotte vers 520. Une première basilique funéraire y fut érigée vers 550, avant d’être détruite par les invasions normandes.
L’église actuelle, reconstruite aux XIe et XIIe siècles, fut rattachée à l’abbaye de Micy par l’évêque d’Orléans Arnoul à la fin du IXe siècle. Ruinée pendant la Guerre de Cent Ans, elle fut réparée au XVe siècle grâce au duc Charles d’Orléans. Au XVIIe siècle, le clocher fut ajouté, et l’édifice subit plusieurs modifications architecturales, notamment au XIXe siècle, où la nef fut voûtée et les vitraux restaurés. Classée Monument Historique en 1862, elle conserve des éléments romans, comme son portail en plein cintre orné de claveaux pentagonaux.
La légende de saint Mesmin, moine ayant fondé un monastère à Micy, est au cœur de l’histoire du lieu. Selon la tradition, il aurait vaincu un dragon dans la grotte sous l’église, lieu où il fut ensuite enterré. Ses reliques, transférées à Orléans en 675, firent de l’église un haut lieu de dévotion médiévale. L’édifice, marqué par les conflits religieux (incendie en 1562 pendant les guerres de Religion), fut aussi un enjeu pendant la Révolution, où il servit même de dépôt de salpêtre.
Au XIXe siècle, l’église bénéficia de restaurations majeures : reconstruction de la voûte en 1862, surélévation du clocher en 1873, et installation d’un orgue en 1897, offert par Aimée Gramain. Les vitraux, en grande partie modernes, remplacent ceux détruits en 1944 par un bombardement allié. Les cloches, dont la plus ancienne date de 1834, sont toujours en fonction. L’édifice, propriété de la commune, reste un symbole du patrimoine religieux et architectural du Val de Loire.
Le mobilier inclut des œuvres notables comme une Vierge à l’Enfant en bois doré (XVIIIe siècle), un Christ en croix des XVIe-XVIIe siècles, et des tableaux classés, dont Christ guérissant les malades, attribué à Bon Boullogne. Les vitraux, pour la plupart créés après 1944 par l’atelier Gouffault, illustrent des scènes religieuses et locales. L’orgue, construit par Charles Anneessens en 1897, est toujours utilisé pour des concerts, témoignant de la vitalité culturelle du lieu.
L’église, classée dès 1862, a fait l’objet de restaurations récentes (2012-2018) pour préserver son architecture et son décor. Son parvis, réaménagé en 1993, offre une vue panoramique sur la Loire. Le site, lié à la grotte du dragon et au petit séminaire voisin, forme un ensemble patrimonial cohérent, reflétant plus de mille ans d’histoire religieuse et locale.