Frise chronologique
XIe–XIIe siècle
Origines de l'église primitive
Origines de l'église primitive
XIe–XIIe siècle (≈ 1250)
Chapelle privée sur temple d’Apollon, choeur roman.
1403–1404
Financement du clocher
Financement du clocher
1403–1404 (≈ 1404)
Legs et emprunt pour sa construction.
1436–1446
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1436–1446 (≈ 1441)
Travaux menés par Imbert Point.
1464
Transfert au clergé
Transfert au clergé
1464 (≈ 1464)
Église devient paroissiale après menaces.
1509–1511
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1509–1511 (≈ 1510)
Six baies pour cloches ajoutées.
1517
Agrandissement chapelle Saint-Claude
Agrandissement chapelle Saint-Claude
1517 (≈ 1517)
Démolition et reconstruction par Guillaume d’Ancezune.
1802
Chapelle rendue à la communauté
Chapelle rendue à la communauté
1802 (≈ 1802)
Après la Révolution française.
1945–1946
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques
1945–1946 (≈ 1946)
Chapelle d’Ancezune et clocher protégés.
1985
Rénovation complète
Rénovation complète
1985 (≈ 1985)
Dirigée par les Monuments de France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La chapelle latérale de l'église, dite chapelle d'Ancezune : classement par arrêté du 16 juin 1905 - Le clocher à arcades : classement par arrêté du 17 septembre 1946
Personnages clés
| Robert de Caderousse - Seigneur médiéval |
Premier représentant connu (1060). |
| Anthoine d’Ancezune - Seigneur et commanditaire |
Fonda la chapelle familiale (1448–1458). |
| Guillaume IV d’Ancezune - Conseiller du roi François Ier |
Agrandit la chapelle en 1517. |
| Imbert Point - Maître-maçon (lapicide) |
Reconstruit la nef (1436–1446). |
| André Fayssat - Curé de Caderousse |
Fonda une chapelle en 1489. |
| Pierre Cuer - Maire de Caderousse |
Supervisa la rénovation de 1985. |
Origine et histoire
L'église Saint-Michel de Caderousse, située dans le Vaucluse, est un édifice religieux marqué par une architecture hybride, mêlant styles roman et gothique flamboyant. Construite au XVe siècle sur les vestiges d’une église primitive du XIIe siècle, elle fut initialement une chapelle privée des seigneurs de Caderousse, comme Robert de Caderousse (mentionné en 1060), avant d’être transférée au clergé en 1464. Son abside semi-circulaire romane et ses arcatures en plein cintre contrastent avec les ajouts gothiques, dont le clocher à arcades reconstruit entre 1509 et 1511.
La chapelle Saint-Claude, anciennement chapelle seigneuriale des d’Ancezune, est un joyau du gothique flamboyant provençal. Édifiée entre 1448 et 1458 par Anthoine d’Ancezune pour abriter les sépultures familiales, elle fut agrandie en 1517 par son fils Guillaume IV, conseiller du roi François Ier. Ses voûtes à nervures multiples, inspirées des modèles anglais, et ses gargouilles sculptées en font une rareté architecturale. La chapelle fut rendue à la communauté en 1802 après la Révolution, tandis que l’église, classée monument historique en 1946, fut rénovée en 1985 sous la direction des Monuments de France.
Le clocher, symbole de la vertu locale, fut l’objet de multiples interventions : legs pieux en 1403, reconstruction en 1509, et installation de six cloches en 1563, remplacées au XXe siècle. Les chapelles latérales, comme celle d’André Fayssat (1489) ou des syndics (1493), reflètent l’influence des familles nobles et des confréries locales. Les inondations historiques, marquées sur les piliers (ex. : aqua 1530), rappellent les défis environnementaux de la région.
L’intérieur de l’église conserve des traces de son passé païen, avec des ruines du temple d’Apollon (Ve siècle) intégrées à la structure. Les retables disparus, comme celui de 1452 représentant Notre-Dame de Pitié, témoignent de sa richesse artistique passée. La sacristie, ajoutée en 1826, et la chapelle de la Vierge (1870) illustrent les adaptations ultérieures, tandis que les cimetières intra-muros, transférés en 1862, évoquent les pratiques funéraires médiévales.
Classée monument historique pour sa chapelle d’Ancezune (1905) et son clocher (1946), l’église Saint-Michel incarne près de mille ans d’histoire religieuse et seigneuriale en Provence. Ses arcs-boutants enjambant la rue des Courtines, ses vitraux armoriés, et ses voûtes en étoile en font un patrimoine unique, lié aux familles d’Ancezune et de Gramont, dont les tombes y reposent encore.