Origine et histoire de l'Église Saint-Michel
L'église Saint-Michel de Chamonix-Mont-Blanc, située en Haute-Savoie, est une église catholique de style baroque savoyard ou alpin, reconnaissable à son clocher à bulbe et placée sous le patronage de l'archange Saint-Michel. L'édifice, dont des éléments datent des XIIe et XIXe siècles, a été classé au titre des monuments historiques le 28 décembre 1979.
Avant 1099, le comte Aymon Ier de Genève dota la vallée de Chamonix à l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse du Val de Suse, et des moines s'installèrent sur la rive droite de l'Arve pour fonder le prieuré de Chamonix avant 1204. Une première église attestée fut édifiée par les moines en 1119, même si une construction plus ancienne existait déjà. En 1519, le prieur Guillaume de La Ravoire décida d'unir Chamonix à la collégiale Saint-Jacques de Sallanches, mais le bourg, l'église et le prieuré furent détruits par un incendie en 1522.
L'édifice fut reconstruit à partir de 1702 sous la maîtrise d'œuvre de Jean La Vougna, avec la participation de maçons piémontais tels que Pierre Rouge et Antonio Janetta, et la construction s'accéléra entre 1707 et 1709. Le chapitre de Sallanches finança le chœur tandis que les paroissiens prirent en charge le reste ; lors de sa visite pastorale le 8 septembre 1714, l'évêque d'Annecy, Mgr Michel-Gabriel Rossillon de Bernex, consacra l'église en la qualifiant de « l'une des plus belles de notre diocèse ». Les murs conservent les douze croix de consécration, vestiges des douze onctions réalisées lors de la dédicace.
L'église fut de nouveau détruite par un incendie en 1758, qui emporta le toit, le clocher et le mobilier ; la réhabilitation des peintures, commencée en 1760, se termina en 1790. D'importants travaux de restauration eurent lieu en 1830 : murs et voûtes furent reblanchis, les fonts baptismaux remplacés et de nouveaux retables construits ; sept ans plus tard on entreprit la construction du retable de l'autel principal en réutilisant la statue de saint Michel de l'autel précédent. En 1840 fut édifié devant la façade un péristyle de style Directoire composé de quatre colonnes et d'un fronton triangulaire, remplacé en 1864 par la façade actuelle de style Napoléon III (Second Empire) et l'ajout d'une travée.
Une seconde restauration, engagée en 1926, introduisit des trompe-l'œil et la représentation des Évangélistes à la croisée du transept. En 1952 une troisième restauration entraîna le retrait de la quasi-totalité des tableaux et statues, puis la rénovation des peintures. Le 22 mars 1976, un arrêté a classé au titre du patrimoine mobilier l'autel principal et son retable ainsi que les deux autels latéraux du Sacré-Cœur et de Notre-Dame des Gloires.
Au début des années 1980, l'intérieur fut entièrement restauré : le décor d'origine — frise périphérique, douze croix de consécration et peintures des pilastres — fut retrouvé et restauré, de même que les retables, statues, toiles et le Christ de la poutre de gloire. La réfection du clocher à bulbe s'acheva en 2003 ; jadis recouvert de fer blanc puis de cuivre jusqu'en 1934, il est aujourd'hui constitué de centaines d'écailles en titane.
Un nouvel orgue réalisé par le facteur grenoblois Michel Giroud fut inauguré par la musicienne Marie-Claire Alain le 12 juillet 1992 ; son buffet a été divisé en deux pour laisser visible le grand vitrail : la partie droite abrite les pédales, la partie gauche les sommiers de Grand-Orgue et de Récit. Le clocher abrite quatre cloches : la plus grande, d'un poids de 1 500 kg, a été fondue en 1845 par les frères Paccard et sonne un Ré, étant la refonte d'une cloche de 1761 déjà refondue en 1815. Les trois autres cloches, fondues en 1822 par Vallier & Gautier de Briançon, pèsent respectivement 1 050, 700 et 600 kg et sonnent Fa, Sol et La bémol.
Chaque 15 août, la place de l'église accueille la cérémonie traditionnelle de la Fête des Guides, qui comprend l'appel des nouveaux guides, un hommage aux disparus en montagne, une messe et la bénédiction des piolets et des cordes.