Frise chronologique
1263-1281
Construction initiale
Construction initiale
1263-1281 (≈ 1272)
Chœur et chapelles en calcaire, première mention en 1269.
1345
Nef menacée
Nef menacée
1345 (≈ 1345)
Projet de reconstruction avorté, guerre de Cent Ans.
1369-1374
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1369-1374 (≈ 1372)
Financement par impositions locales, style défensif.
1455-1485
Nef actuelle et chapelles
Nef actuelle et chapelles
1455-1485 (≈ 1470)
Contrat avec Corant Rogier, première pierre en 1460.
1568
Incendie protestant
Incendie protestant
1568 (≈ 1568)
Toiture refaite après les dégâts.
1841-1866
Restaurations XIXe siècle
Restaurations XIXe siècle
1841-1866 (≈ 1854)
Décors néo-Renaissance et vitraux ajoutés.
1922
Classement MH
Classement MH
1922 (≈ 1922)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Michel : classement par arrêté du 18 mars 1922
Personnages clés
| Corant Rogier - Maître-maçon |
Reconstruit la nef (contrats 1455, 1469). |
| Bernard de Cazillac - Évêque d'Albi |
Pose la première pierre en 1460. |
| Charles Portal - Historien local |
A documenté l'histoire de l'église (1862-1936). |
| Abbé Séré de Rivières - Curé au XIXe siècle |
Finance les décors néo-Renaissance (1841-1844). |
Origine et histoire
L'église Saint-Michel de Cordes-sur-Ciel, édifiée à partir de 1263, est mentionnée pour la première fois en 1269 lors d'une levée de taille pour sa construction. Le chœur et les chapelles latérales, bâtis en moellons de calcaire, datent de cette campagne initiale, probablement achevée avant 1287, année où un accord y est signé. Les voûtes d'ogives, ornées de décors feuillagés homogènes, pourraient remonter à cette période, bien que certaines hypothèses les situent après 1345.
En 1345, la nef, menaçant ruine, est décidée à être reconstruite en plus grand, mais les travaux semblent interrompus, peut-être en raison de la guerre de Cent Ans. Seule la reconstruction du clocher est attestée entre 1369 et 1374, financée par des impositions locales. La nef actuelle, plus large de 0,99 m de chaque côté, est finalement rebâtie au XVe siècle : un contrat est signé en 1455 avec le maître-maçon Corant Rogier, et la première pierre posée en 1460 par l'évêque d'Albi Bernard de Cazillac.
Les chapelles, initialement prévues plus basses que la nef, sont finalisées à la même hauteur. Celle accolée au clocher ouest résulte d'un contrat de 1469 avec Rogier. Les travaux s'achèvent vers 1485, après la pose des couronnements muraux. L'édifice subit des dommages en 1568 lors d'un incendie provoqué par les Protestants, nécessitant une réfection de la toiture. Au XIXe siècle, des décors néo-Renaissance (1841-1844) et des vitraux (1848, 1866) sont ajoutés, tandis que les parties basses des fenêtres sont murées.
L'architecture mêle des éléments défensifs — comme le clocher octogonal à guette, inspiré des châteaux voisins — et des décors gothiques flamboyants (roses, réseaux des baies). Le chevet plat, aveugle à l'extérieur, conserve une niche intérieure masquée par le retable. Les matériaux contrastent entre le calcaire extérieur et le grès des parements intérieurs. La porte primitive, condamnée après l'abaissement de la place, est déplacée sur le flanc sud.
Classée monument historique en 1922, l'église illustre l'évolution architecturale de Cordes, bastide médiévale prospère. Son histoire est documentée par Charles Portal (1862-1936), historien local, et des archives mentionnant des dons de notables pour des chapelles privatives. L'édifice remplace une première église paroissiale dédiée à la Vierge, située hors les murs, sur l'actuel cimetière.