Origine et histoire de l'Église Saint-Michel
L’église Saint-Michel de Dijon, située dans le secteur sauvegardé de la ville, est un édifice emblématique du XVIe siècle, réputé pour sa façade Renaissance, considérée comme l’une des plus belles de France. Classée monument historique dès 1840, elle incarne la transition entre le gothique flamboyant et les influences italiennes de la Renaissance, visibles dans ses ornements et sa structure. Ses dimensions imposantes (57,3 m de long, 19,5 m sous voûte) et son histoire mouvementée en font un symbole du patrimoine dijonnais.
La première mention de l’église remonte à 889, où elle n’était qu’une modeste chapelle en bois près du Castrum de Dijon. Au XIe siècle, sous l’impulsion de l’abbé Garnier de Mailly, elle fut reconstruite en pierre et consacrée en 1020 par l’évêque Lambert de Bassigny. Garnier y fut inhumé en 1051. Au fil des siècles, l’édifice, devenu trop exigu, fut agrandi : une souscription paroissiale en 1497 finança une nef élargie et des chapelles privatives, aboutissant à une consécration solennelle en 1529 par l’évêque Philibert de Beaujeu.
La façade, débutée en 1511, mêle gothique (nef, chœur) et Renaissance (portails, tours achevées en 1659 et 1667). Ses tours, ornées des trois ordres antiques (dorique, ionique, corinthien), illustrent l’influence italienne. Le portail central, terminé en 1551, et les sculptures restaurées aux XIXe et XXe siècles témoignent de cette dualité stylistique. La sacristie (XVIIIe siècle) et les boiseries « à la grecque » du chœur (1763) complètent cet ensemble.
L’église abritait jusqu’en 1794 la Sainte-Hostie, une relique miraculeuse offerte en 1433 par le pape Eugène IV au duc de Bourgogne, brûlée par les révolutionnaires. Au XXe siècle, elle devint le lieu de dévotion de sainte Élisabeth de la Trinité (1880–1906), dont les reliques y sont conservées. Son patrimoine pictural, incluant des œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles (Nicolas Bertin, Matteo Nanini), renforce son rayonnement culturel.
Classée dès 1840, l’église Saint-Michel incarne à la fois l’héritage médiéval dijonnais et l’ouverture aux courants artistiques européens. Ses restaurations successives (XIXe–XXe siècles) ont préservé ce monument, aujourd’hui propriété communale et ouvert au public, où se mêlent histoire religieuse, architecture innovante et mémoire locale.