Frise chronologique
Xe–XIe siècles
Construction primitive
Construction primitive
Xe–XIe siècles (≈ 1150)
Édifice en pierre, plan basilical
XIIe siècle
Ajout du clocher-porche
Ajout du clocher-porche
XIIe siècle (≈ 1250)
Grès et tuiles romaines récupérées
Fin XIIIe–XIVe siècles
Croisillon sud et porche
Croisillon sud et porche
Fin XIIIe–XIVe siècles (≈ 1495)
Échauguette et contreforts ajoutés
1460–1530
Agrandissement du chœur
Agrandissement du chœur
1460–1530 (≈ 1495)
Chapelles nord et voûtement modifié
1520–1561
Incendie et reconstruction
Incendie et reconstruction
1520–1561 (≈ 1541)
Bas-côté sud élargi, porche neuf
1851
Transformation en église-halle
Transformation en église-halle
1851 (≈ 1851)
Agrandissement des bas-côtés par Delval
15 mars 1921
Classement monument historique
Classement monument historique
15 mars 1921 (≈ 1921)
Protection de l’État français
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Michel : classement par arrêté du 15 mars 1921
Personnages clés
| Marguerite de Constantinople - Comtesse de Flandre et de Hainaut |
Fonda l’abbaye cistercienne au XIIIe siècle |
| José Barbieux - Archéologue |
A étudié l’église en 1985 |
| Architecte Delval - Maître d’œuvre en 1851 |
Dirigea la dernière campagne de travaux |
Origine et histoire
L'église Saint-Michel de Flines-lez-Raches, située dans le département du Nord (Hauts-de-France), est l’un des plus anciens édifices religieux de la région. Son histoire remonte au moins au Xe siècle, avec un premier édifice en bois remplacé par une construction en pierre de style roman. L’église a connu six grandes phases de transformation, marquées par des agrandissements successifs liés à la croissance démographique et économique du village, ainsi qu’à l’influence de l’abbaye cistercienne fondée au XIIIe siècle par Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut.
Les fouilles archéologiques de 1975 ont révélé un cimetière antique et les vestiges d’une église primitive (Xe–XIe siècles) au plan basilical, avec une nef entourée de bas-côtés. Le clocher, ajouté au XIIe siècle, fut initialement un clocher-porche en grès et tuiles romaines. Au XIIIe–XIVe siècles, un croisillon sud et un porche furent construits, introduisant des éléments défensifs ou décoratifs comme une échauguette, dont la fonction exacte (clocheton, accès aux combles ou archives) reste débattue. L’absence de transept nord laisse planer un mystère sur l’asymétrie originelle de l’édifice.
Entre le XVe et le XVIe siècle, le chœur et les chapelles nord furent ajoutés, modifiant le système de voûtement. Un incendie dans les années 1520 nécessita des réparations, suivies en 1561 par l’agrandissement du bas-côté sud et la construction d’un nouveau porche. Le XIXe siècle vit une dernière campagne majeure en 1851, dirigée par l’architecte Delval, qui homogénéisa les bas-côtés et transforma l’église en église-halle, où nef et collatéraux atteignent la même hauteur. Les guerres mondiales endommagèrent partiellement les toitures au XXe siècle.
Classée monument historique en 1921, l’église Saint-Michel se distingue par son mélange d’architectures romanes et gothiques, ses matériaux (grès, briques, pierre de Tournai) et ses chapiteaux hétéroclites, datant du XIIe au XIXe siècle. Les blasons et écussons visibles dans le chœur, ainsi que les inscriptions du XVIe siècle, témoignent de son lien avec l’abbaye locale et les seigneurs de Flandre. Son plan irrégulier, fruit de siècles d’adaptations, en fait un exemple unique du patrimoine religieux du Nord-Pas-de-Calais.
L’influence de l’abbaye cistercienne de Flines, fondée par Marguerite de Constantinople, fut déterminante pour le village. Proche de Douai, l’église bénéficia de cette proximité pour son développement, comme en attestent les agrandissements successifs du XIIIe au XIXe siècle. Les archéologues soulignent aussi l’usage de matériaux de récupération (tuiles romaines) et la présence de lambris en berceau brisé, typiques des édifices médiévaux de la région. Aujourd’hui, elle reste un symbole de la richesse historique et architecturale de Flines-lez-Raches.