Frise chronologique
vers 671
Fondation de l'abbaye Saint-Pierre
Fondation de l'abbaye Saint-Pierre
vers 671 (≈ 671)
Origine bénédictine du site actuel.
1100
Transformation en prieuré
Transformation en prieuré
1100 (≈ 1100)
Passage sous influence clunisienne.
fin XIIe siècle
Ajouts gothiques régionaux
Ajouts gothiques régionaux
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Modifications architecturales majeures.
6 avril 1794
Démolition du clocher révolutionnaire
Démolition du clocher révolutionnaire
6 avril 1794 (≈ 1794)
Ordre du préfet Albitte.
1849-1850
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1849-1850 (≈ 1850)
Dirigée par Xavier Meunier.
26 avril 1907
Classement monument historique
Classement monument historique
26 avril 1907 (≈ 1907)
Protection de l'église (hors clocher).
18 septembre 2015
Inscription du clocher
Inscription du clocher
18 septembre 2015 (≈ 2015)
Reconnaissance patrimoniale tardive.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Michel, à l'exclusion du clocher : classement par arrêté du 26 avril 1907 ; Le clocher de l'église Saint-Michel, située place d'Armes, cadastrée section AD parcelle n° 237 : inscription par arrêté du 12 janvier 2015
Personnages clés
| Antoine-Louis Albitte - Préfet de l'Ain (1794) |
Ordonna la démolition du clocher. |
| Xavier Meunier - Architecte départemental |
Dirigea la reconstruction du clocher. |
| Antoine Regembal - Sculpteur et député |
Réalisa les sculptures du clocher. |
| Charles-Louis Vavre - Entrepreneur local |
Participa à la reconstruction. |
| Eugène Delacroix - Peintre romantique |
Auteur d'un tableau conservé. |
Origine et histoire
L'église Saint-Michel de Nantua, située dans le département de l'Ain, est le dernier vestige de l'abbaye bénédictine Saint-Pierre fondée vers 671. Transformée en prieuré en 1100, elle conserve une architecture romane d'influence clunisienne, enrichie d'éléments gothiques régionaux à la fin du XIIe siècle. L'édifice abrite notamment un tableau d'Eugène Delacroix, Saint Sébastien secouru par les saintes femmes (1836), et a été classé monument historique en 1907, à l'exception de son clocher, inscrit en 2015.
Le clocher actuel, de style néo-roman ou néo-byzantin, remplace l'original détruit pendant la Révolution française sur ordre du préfet Antoine-Louis Albitte en 1794. Reconstruit entre 1849 et 1850 sous la direction de l'architecte Xavier Meunier, il intègre des sculptures d'Antoine Regembal, député de l'Ain et opposant politique. Son escalier complexe, logé dans une tour octogonale, s'élève au-dessus de la croisée du transept, préservant les traces du plan ancien gravées dans les dalles de la nef.
L'église illustre les transformations architecturales et politiques de la région, marquées par la démolition systématique des clochers sous la Révolution, puis leur reconstruction au XIXe siècle. Les motifs sculptés extérieurs, inspirés des décors byzantins, contrastent avec le roman clunisien initial, tandis que les abat-sons et baies cintrées soulignent l'adaptation des techniques médiévales aux besoins modernes. Les archives mentionnent aussi le rôle de l'entrepreneur Charles-Louis Vavre, actif dans la restauration des églises locales.
La protection du monument reflète son importance patrimoniale : classée dès 1907 pour sa nef et son chœur, l'église voit son clocher inscrit plus tardivement, en 2015, reconnaissant ainsi les efforts de reconstruction du XIXe siècle. Les dalles de la nef, gravées de plans et d'ébauches de décors, témoignent des méthodes de travail des artisans et de la continuité artistique entre les époques. Aujourd'hui propriété communale, elle reste un lieu de culte et de mémoire, ouvert au public.