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Frise chronologique
1771
Plans de l'église
Plans de l'église
1771 (≈ 1771)
Dessinés par Christiani père à Strasbourg.
11 mai 1772
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
11 mai 1772 (≈ 1772)
Début des travaux par G’Styr et Messmer.
1774
Achèvement du gros-œuvre
Achèvement du gros-œuvre
1774 (≈ 1774)
Structure principale terminée en 2 ans.
1774-1782
Décoration intérieure
Décoration intérieure
1774-1782 (≈ 1778)
Style baroque par Rosio et Schaeffer.
1779
Fin du procès du clocher
Fin du procès du clocher
1779 (≈ 1779)
Jean de Dietrich condamné à financer.
1921
Classement monument historique
Classement monument historique
1921 (≈ 1921)
Protection officielle de l'édifice.
2011
Installation du carillon de l'Europe
Installation du carillon de l'Europe
2011 (≈ 2011)
Trente nouvelles cloches ajoutées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 3 septembre 1921
Personnages clés
| Jean de Dietrich - Seigneur de Reichshoffen et commanditaire |
Finança chœur, sacristie et clocher après procès. |
| Christiani père - Inspecteur des Ponts et Chaussées |
Auteur des plans en 1771. |
| Christian G’Styr - Maître maçon |
Responsable des travaux avec Messmer. |
| François Joseph Messmer - Maître maçon |
Co-constructeur de l’église. |
| Rosio (ou Rossiau) - Plâtrier décorateur |
Réalisa les stucs des pilastres. |
| Joseph Schaeffer - Stuccateur |
Auteur des cartouches rocaille. |
Origine et histoire
L'église Saint-Michel de Reichshoffen, située dans le Bas-Rhin en région Grand Est, est un édifice catholique construit au 3e quart du XVIIIe siècle (1772-1782). Classée monument historique en 1921, elle se distingue par son clocher de 68,9 mètres, l’un des plus hauts d’Alsace, et son architecture néo-classique en grès des Vosges. Son intérieur, décoré dans un style baroque, présente une unité stylistique remarquable grâce à sa construction rapide, achevée en une décennie. L’édifice remplace une ancienne église paroissiale jugée trop excentrée et exiguë pour le village en expansion.
La construction de l’église fut initiée par la communauté villageoise et le seigneur protestant Jean de Dietrich, qui finança le chœur, la sacristie et le clocher après un procès de six ans. Ce dernier, initialement réticent à payer pour une église catholique, offrit finalement un clocher plus haut que prévu, scellant sa réconciliation avec les habitants. Les plans furent dessinés en 1771 par Christiani père, inspecteur des Ponts et Chaussées, et les travaux confiés aux maîtres maçons locaux Christian G’Styr et François Joseph Messmer. La première pierre fut posée le 11 mai 1772, et le gros œuvre terminé en 1774.
Le décor intérieur, réalisé entre 1774 et 1782, inclut des stucs signés par le plâtrier Rosio et des cartouches rocaille de Joseph Schaeffer. L’église abrite un mobilier d’origine préservé, dont un buffet d’orgue de 1777 et un carillon enrichi en 2011, devenant le « carillon de l’Europe ». Parmi ses particularités, on note une méridienne restaurée en 2013, une horloge historique de Jean-Baptiste Schwilgué, et une statue de Vierge Noire érigée après l’épidémie de choléra de 1855. Son cimetière, initialement adjacent, était situé à l’arrière du chœur.
Les cinq cloches originales, datant de 1786 à 1812, échappèrent à la réquisition allemande pendant la Première Guerre mondiale grâce à leur valeur harmonique. La plus lourde, de 2 750 kg, commémore la naissance du Roi de Rome. L’église, propriété de la commune, reste un témoignage architectural et historique majeur, mêlant influences néo-classiques et baroques, tout en illustrant les tensions communautaires et les compromis de son époque.