Origine et histoire de l'Église Saint-Michel
L'église catholique Saint-Michel de Reichshoffen (Bas-Rhin, Alsace) est classée monument historique depuis 1921. Elle est construite en grès des Vosges dans un style néo-classique, avec une décoration intérieure d'inspiration baroque ; sa construction, réalisée en une dizaine d'années, lui confère une remarquable unité stylistique. Elle se situe sur la place de l'église, au cœur du centre ancien, à la limite de la seconde enceinte fortifiée, sur l'emplacement d'anciennes habitations, du cimetière et de l'ancienne église. Les plans et devis de 1771 ont été dressés par Christiani père, inspecteur des Ponts et Chaussées à Strasbourg, et les travaux furent exécutés par les maîtres maçons Christian Gstyr et François Joseph Messner. La première pierre, datée de 1772, est inscrite sur le cartouche du portail principal et sur l'arc triomphal. Les maîtres d'ouvrage étaient la communauté de Reichshoffen pour la nef, et le seigneur Jean de Dietrich pour le chœur, la sacristie et la tour. Le gros-œuvre semble avoir été achevé en 1774, mais l'étage supérieur de la tour ne le fut qu'en 1779, à la suite d'un long procès entre maîtres d'ouvrage. Jean de Dietrich, protestant, avait refusé de financer le clocher d'une église catholique ; le tribunal le condamna en 1779 à en assurer la dépense et il offrit finalement un clocher plus élevé que prévu. L'édifice porte de nombreuses marques de tâcherons attestant le travail des maçons. Le décor stuqué des pilastres est attribué au plâtrier Rosio (ou Rossiau) de Flêtre, et les cartouches rocailles du plafond ainsi que l'arc triomphal sont l'œuvre du stuccateur Joseph Schaeffer. L'ensemble du mobilier d'origine, exécuté entre 1774 et 1782, est conservé. Le clocher culmine à 68,9 mètres, faisant de l'église l'une des plus hautes d'Alsace. Le carillon compte cinq cloches pesant entre 340 et 2 750 kg ; elles n'ont pas été réquisitionnées ni fondues pendant la Première Guerre mondiale. Les deux plus anciennes cloches datent de 1786 et 1812, cette dernière ayant été coulée en l'honneur de la naissance du Roi de Rome. En août 2011, trente nouvelles cloches ont été installées, constituant le carillon de l'Europe. Le buffet de tribune de Franz Schädel (1777) abrite un orgue Roethinger de 1962, tandis que l'orgue de chœur se trouve à l'avant du flanc droit de la nef. L'horloge construite par Jean-Baptiste Schwiligue, qui se trouvait dans le clocher, est aujourd'hui exposée dans le hall d'accueil de l'hôtel de ville. Sur le mur d'angle à droite du porche est réinstallée une méridienne depuis le 1er mars 2013 ; elle donne l'heure à midi et servait au XIXe siècle à régler les horloges publiques. Devant l'église se dresse une Vierge Noire, érigée en ex-voto après l'épidémie de choléra de septembre 1855, et le cimetière paroissial se situe à l'arrière du chœur. L'église abrite plusieurs mobiliers inscrits qui, conjugués à son architecture et à sa décoration, forment un ensemble remarquable.